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Nicolas Sarkozy peste contre les syndicats et prône un «nouveau modèle social»

01/05/2012 02:53 EDT | Actualisé 01/07/2012 05:12 EDT

PARIS - Le président français Nicolas Sarkozy, candidat à sa réélection le 6 mai, a fustigé mardi les syndicats et a prôné un «nouveau modèle social français», lors d'une Fête du travail organisée par son parti en opposition aux traditionnels défilés du 1er mai en France.

Le rassemblement a bénéficié d'une scénographie réussie, une foule compacte s'étant rassemblée sur la place du Trocadéro, à Paris, devant une estrade qui a permis au président-candidat de prononcer son discours avec la tour Eiffel en arrière-plan.

Alors que son adversaire socialiste, François Hollande, a rendu «hommage à tous les syndicalistes de France» mardi, le président sortant a commencé son discours en critiquant violemment les syndicats pendant une dizaine de minutes.

«Je n'accepterai jamais de recevoir des leçons de morale de la part de ceux qui brandissent le drapeau (rouge du mouvement ouvrier) qui a été l'étendard de tant de tyrannies à travers le monde et qui a enveloppé dans ses plis parmi les plus grands crimes de l'histoire», a-t-il lancé.

Avant de faire la leçon aux syndicalistes: «Je le dis aux syndicats: posez le drapeau rouge et servez la France. (...) Votre rôle n'est pas de défendre une idéologie, votre rôle est de défendre les salariés et de défendre le travail. Rappelez-vous votre mission, ne la trahissez pas».

«Nous nous considérons comme acteurs du progrès social autant que vous et sans doute même davantage que vous. Vous avez abîmé le travail en prétendant le défendre, vous avez appauvri les travailleurs en prétendant les protéger», a-t-il critiqué, en citant notamment la semaine de travail de 35 heures et la retraite à 60 ans.

«Dans la République, ce ne sont pas les syndicats qui gouvernent, c'est le gouvernement», a-t-il asséné.

Nicolas Sarkozy a aussi expliqué sa conception d'un «nouveau modèle social», «où les syndicats, au lieu d'être une force de conservation, seront une force de transformation sociale, où la négociation collective descendra jusque dans l'entreprise, où il sera possible, avec l'accord de tous, de déroger aux règles générales quand le carnet de commande de l'entreprise l'exigera».

Au président sortant qui s'est donné «trois jours pour convaincre» les Français, les militants et sympathisants ont répondu par le slogan «On va gagner! On va gagner!».

«Je suis venue soutenir Nicolas Sarkozy pour montrer que rien n'est joué», a affirmé Laurence Mathé, une Parisienne qui a voté pour le centriste François Bayrou au premier tour. Selon elle, la victoire du président sortant est possible si «tous ceux qui ont voté pour un autre candidat, mais qui font le choix d'une France avec les valeurs de Nicolas Sarkozy», se mobilisent dimanche.

Eric Justice, 35 ans, venu d'Asnières «pour être acteur d'une bonne surprise historique», a souligné que la courbe des sondages recommençait à s'inverser et que les marges d'erreur se chevauchent désormais.

«Le discours, contrairement à ce qu'on dit, n'est pas devenu nazi. Il est calibré, il est équilibré», a-t-il estimé.

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