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Ban appelle à l'arrêt des violences, nouveaux bombardements meurtriers

01/05/2012 04:56 EDT | Actualisé 30/06/2012 05:12 EDT

Le chef de l'ONU Ban Ki-moon a de nouveau réclamé l'arrêt des violences en Syrie, où des attentats ont fait des dizaines de morts et de blessés dans plusieurs villes lundi, et appelé toutes les parties à coopérer avec les observateurs déployés dans le pays.

Mais mardi à l'aube, dix nouveaux civils, dont neuf membres d'une même famille, ont péri dans des bombardements des troupes gouvernementales sur un village de la province d'Idleb (nord-ouest), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Douze soldats et un civil ont en outre été tués lors d'affrontement avec des déserteurs dans la province de Deir-Ezzor (est), portant le bilan de la journée à 23 morts.

Les neuf membres de la famille, dont quatre femmes et deux enfants, ont été tués par un obus de mortier tombé sur leur maison, a précisé l'organisation basée en Grande-Bretagne, ajoutant que de nombreux blessés étaient dans un état critique.

Lundi, dans la ville même d'Idleb, trois attentats visant notamment des centres de sécurité, ont fait au moins 20 morts, en majorité membres des forces de l'ordre, selon l'OSDH.

Les médias officiels ont, pour leur part, annoncé un bilan de neuf morts, dont un officier, et près de 100 blessés, parmi les civils et les forces de l'ordre lors de "deux attentats suicide terroristes à la voiture piégée".

Le régime, qui ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation, accuse depuis plus de 13 mois des "bandes terroristes armées" de semer le chaos, mais l'opposition impute régulièrement aux autorités les attaques perpétrées dans le pays.

Lors d'une rencontre avec le nouveau chef de la mission de l'ONU en Syrie, le général norvégien Robert Mood, le vice-ministre des Affaires étrangères Faysal Meqdad a réaffirmé que son pays "ferait face aux actions des bandes armées".

Dénonçant une "escalade sans précédent menée par ces bandes depuis l'arrivée des premiers observateurs", il l'a appelé à "enquêter sur les violations" du plan de l'émissaire international Kofi Annan et d'en référer "avec précision et impartialité aux Nations unies".

M. Ban a condamné "les attentats terroristes à la bombe commis dans les villes d'Idleb et de Damas (lundi) et le 27 avril", appelant "toutes les parties à cesser immédiatement la violence armée sous toutes ses formes et à coopérer pleinement avec le travail de la MISNUS (Mission de supervision de l'ONU)".

"Tout en notant des améliorations dans les zones où les observateurs de l'ONU sont déployés", il s'est dit "très préoccupé par les informations sur la poursuite de la violence".

Deux des observateurs dépêchés par l'ONU pour surveiller un cessez-le-feu continuellement ignoré depuis son entrée en vigueur le 12 avril sont stationnés à Idleb.

Au total, 30 membres de la mission de l'ONU prévue par le plan Annan sont en Syrie, dont six à Deraa (sud), Hama et Homs (centre), et 22 à Damas d'où ils poursuivent leurs tournées dans le pays.

A son arrivée dimanche, leur chef, le général Mood, avait également lancé un appel au calme: "Les observateurs ne peuvent pas résoudre seuls tous les problèmes (...), toutes les parties doivent arrêter les violences".

Le nombre des observateurs devrait passer à 100 d'ici un mois, avant d'atteindre 300 membres, conformément à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Cette mission, d'une durée initiale de trois mois, s'annonce périlleuse pour les observateurs qui doivent être déployés sans armes dans le pays, où une centaine de personnes ont péri ces trois derniers jours, selon l'OSDH.

Le plan Annan prévoit, outre le déploiement de cette mission, la liberté de circulation pour les journalistes et la libération des personnes détenues arbitrairement.

Les Etats-Unis ont appelé Damas à libérer le reporter et militant des droits de l'Homme Mazen Darwish, craignant qu'il ne soit soumis à la torture.

De son côté, l'avocat des droits de l'Homme Anouar Bounni a annoncé à l'AFP que la militante Yara Chammas, 21 ans, qui encourt la peine de mort pour "appartenance à une organisation secrète", avait été libérée lundi sous caution jusqu'à son procès.

Par ailleurs, le sénateur américain Joe Lieberman a rencontré lundi des responsables saoudiens, dont le roi Abdallah, pour s'entretenir de la crise en Syrie, a-t-on appris auprès de ses collaborateurs.

M. Lieberman est partisan d'une intervention internationale qui pourrait comprendre des frappes aériennes contre les forces du président Bachar al-Assad.

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire de plus en plus militarisée face à la répression. En 13 mois, les violences ont fait plus de 11.100 morts dans le pays, en majorité des civils, selon l'OSDH.

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