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Aung San Suu Kyi à Naypyidaw pour prêter serment au Parlement birman

01/05/2012 10:46 EDT | Actualisé 01/07/2012 05:12 EDT

La lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi était attendue mercredi au parlement birman pour prêter son serment de députée, une démarche symbolique qui mettra fin à un bras-de-fer d'une semaine à l'issue duquel l'opposante a cédé pour éviter l'impasse politique.

Suu Kyi, qui a remporté son premier siège de députée lors des partielles du 1er avril, et les autres élus de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avaient refusé jusqu'à présent de prêter serment de "sauvegarder" la très controversée Constitution de 2008, un texte qu'ils veulent modifier.

L'opposante a pourtant fait machine arrière lundi et promis de se rendre dans l'hémicycle pour devenir enfin députée, près de 25 ans après son entrée en dissidence en 1988.

"Nous avons toujours cru en la flexibilité dans le processus politique", a-t-elle déclaré mardi aux côtés de son invité, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. "C'est notre seul moyen d'atteindre nos objectifs sans violence."

La Constitution, conçue par l'ancienne junte et adoptée par référendum juste après le passage du cyclone Nargis (138.000 morts ou disparus en 2008), arroge des pouvoirs immenses aux militaires.

La LND avait jusqu'à présent demandé en vain de remplacer "sauvegarder" par "respecter" dans le serment des députés.

Sa décision de ne pas se rendre au parlement était le premier signe de discorde entre elle et le gouvernement depuis les élections qui ont fait de la LND la première force d'opposition du parlement.

Celle de céder constitue son premier choix politique majeur de députée, après plus de 20 ans de confrontation avec les militaires, dont une majorité passée en résidence surveillée.

"Les véritables dirigeants font preuve de flexibilité pour la cause supérieure du peuple", s'est félicité Ban. "C'est ce qu'elle a fait (...) et j'admire et respecte vraiment sa décision".

Les Etats-Unis ont eux aussi salué cette décision, y voyant "un signe encourageant" de la coopération entre la LND et le gouvernement. "Nous souhaitons que ces députés nouvellement élus siègent. Nous souhaitons les voir travailler de manière constructive avec le gouvernement", a ajouté le département d'Etat.

La junte a cédé le pouvoir il y a un an à l'ancien général Thein Sein. Ce dernier, devenu président et désormais soutenu par l'Occident, a depuis multiplié les réformes en permettant le retour de Suu Kyi dans le jeu politique légal.

bur-dla/tj

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