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Syrie: au moins neuf personnes perdent la vie dans deux explosions à Idlib

30/04/2012 07:33 EDT | Actualisé 30/06/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Deux kamikazes ont fait sauter des véhicules bourrés d'explosifs lundi non loin d'un complexe militaire d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, faisant au moins neuf morts et une centaine de blessés, selon les médias officiels syriens.

La ville d'Idlib était un fief de l'opposition dont les troupes syriennes ont repris le contrôle lors d'une offensive au début de l'année. Selon l'agence de presse officielle SANA, des membres des forces de sécurité et des civils figurent parmi les morts. La télévision d'État précise que de nombreux civils ont été blessés.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé en Grande-Bretagne, a avancé un bilan d'une vingtaine de morts, mais ce chiffre n'avait pas été confirmé dans l'immédiat.

La chaîne pro-gouvernementale al-Ekhbariya a diffusé des images montrant des chairs déchiquetées, des véhicules écrasés et des flaques de sang sur le trottoir sur les sites des deux explosions. La force des déflagrations a apparemment soufflé les vitres dans tout le secteur et projeté des débris sur plusieurs centaines de mètres. Les sites Internet pro-gouvernementaux rapportaient que cinq bâtiments endommagés.

Selon Ibrahim, un militant de l'opposition à Idlib qui n'a pas voulu donner son nom de famille, les explosions se sont produites à environ cinq minutes d'intervalle après le lever du jour.

Selon SANA, deux membres de la mission d'observation des Nations unies se sont rendus ensuite sur le site des explosions. D'après Ibrahim, ils séjournent à l'hôtel Carlton, qui selon un site pro-gouvernemental a été endommagé par l'explosion.

Un peu plus tôt, l'agence de presse officielle SANA avait rapporté que des hommes armés avaient tiré des grenades RPG sur la banque centrale et une patrouille de police à Damas, blessant quatre policiers et infligeant quelques dégâts au bâtiment.

La Syrie a imputé les explosions et les tirs à des "terroristes armés", le terme employé par le pouvoir de Damas pour désigner les protestataires depuis le début du mouvement de contestation contre le régime du président Bachar el-Assad en mars 2011. Ce mouvement, d'abord essentiellement pacifique, s'est transformé peu à peu en insurrection armée face à la répression sanglante menée par le régime alaouite depuis plus de 13 mois.

Les attentats d'Idlib et la fusillade constituent la dernière violation en date de la trêve, censée être entrée en vigueur le 12 avril dernier, dans le cadre du plan de sortie de crise de l'émissaire de l'ONU et la Ligue arabe Kofi Annan. Elle a permis de réduire les violences, sans y mettre fin.

Une première équipe de 16 observateurs militaires des Nations unies travaille actuellement en Syrie pour surveiller le respect de la trêve en attendant le déploiement de la mission d'observation de 300 membres approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU le 21 avril. Le nombre d'observateurs sur le terrain doit passer à 100 d'ici la mi-mai. En revanche, aucune date n'a encore été donnée pour l'arrivée du contingent complet.

«Mais dix, 30, 300 ou 1000 observateurs ne résoudront pas tous les problèmes», a prévenu lundi le chef de la mission, le général Robert Mood, devant la presse au lendemain de son arrivée à Damas.

«Donc, tout le monde doit nous aider à accomplir cette mission», a-t-il dit, appelant toutes les parties à cesser les violences.

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