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Le produit intérieur brut a reculé de manière inattendue en février

30/04/2012 08:49 EDT | Actualisé 30/06/2012 05:12 EDT

OTTAWA - L'économie canadienne s'est contractée de façon inattendue en février en raison d'un ralentissement dans les secteurs minier et de la fabrication, ce qui a refroidi les attentes de certains observateurs qui misaient sur une hausse précoce du taux d'intérêt directeur de la Banque du Canada.

Le produit intérieur brut du Canada a retraité de 0,2 pour cent en février par rapport au mois de janvier, a indiqué lundi Statistique Canada. Les économistes attendaient plutôt une croissance de 0,2 pour cent.

Pour l'économiste en chef adjoint de la Banque de Montréal Doug Porter, l'économie canadienne «a grandement déçu en février».

«La plus grande partie de la faiblesse semble temporaire, mais elle donne du poids aux arguments de ceux qui font valoir que la croissance sous-jacente est, au mieux, stagnante», a noté M. Porter.

«Au moins, le ralentissement de la production va atténuer certaines des vues les plus audacieuses quant aux décisions de la Banque du Canada et cela va permettre au dollar canadien de respirer un peu.»

Le dollar a retraité de 0,72 cent US à 101,22 cents US lundi, les investisseurs s'attendant désormais à ce que la banque centrale garde son taux de financement à un jour à son niveau actuel un peu plus longtemps.

Il n'y a que deux semaines, la Banque du Canada avait signalé que les Canadiens pourraient bientôt faire face à de plus hauts coûts d'emprunt, en affirmant notamment qu'elle se préparait à réagir à l'amélioration des perspectives pour les économies mondiale et canadienne.

«Dans un contexte de capacités excédentaires moindres au sein de l’économie et d’inflation sous-jacente plus élevée, il se peut qu’une réduction modeste de la détente monétaire considérable actuellement en place au Canada devienne appropriée, de façon à atteindre la cible d’inflation de deux pour cent à moyen terme», avait indiqué la banque centrale dans les déclarations accompagnant son Rapport sur la politique monétaire.

Trop d'optimisme?

Selon l'économiste de la Banque CIBC Emanuella Enenajor, il semble que la Banque du Canada pourrait avoir parlé trop tôt en se montrant si confiante vis-à-vis de la croissance économique au premier trimestre.

«Même si les marchés avaient anticipé une croissance robuste au Canada qui encouragerait la Banque du Canada à sortir du chemin qu'elle suit pour faire grimper les taux cette année, le rapport d'aujourd'hui suggère que l'économie canadienne n'est pas encore sortie du bois», a estimé Mme Enenajor.

Les économistes des grandes banques canadiennes tablent sur une croissance de 2,1 à 2,5 pour cent pour le premier trimestre, tandis que la banque centrale prévoit une croissance de 2,5 pour cent. Cette dernière mise en outre sur une croissance de 2,4 pour cent pour l'ensemble de 2012 et pour 2013.

Selon Mme Enenajor, la faiblesse des données de février signifie que le premier trimestre devrait montrer dans l'ensemble une progression de 1,7 pour cent, tandis que celle du deuxième devrait être plus forte, à 2,7 pour cent.

«Cette possibilité laisse toujours de la place à une croissance annuelle de 2,1 pour cent, plus faible que celle de 2,4 pour cent anticipée par la banque centrale et assez éloignée pour rendre inutile toute hausse de taux», a-t-elle expliqué.

Fermetures temporaires

Statistique Canada a attribué une partie du déclin de février aux fermetures temporaires de mines et d'installations de production de biens.

L'extraction minière, pétrolière et gazière s'est repliée de 1,6 pour cent en février, après une légère baisse en janvier et une hausse de deux pour cent en décembre.

L'extraction minière excluant le pétrole et le gaz a diminué de sept pour cent en février, la production de potasse et de nickel ayant été réduite par des fermetures temporaires.

L'extraction de pétrole et de gaz naturel a diminué de 0,9 pour cent. La production de pétrole brut a elle aussi reculé, en raison d'activités d'entretien imprévues en Alberta. La production de gaz naturel a aussi retraité.

Le secteur de la fabrication s'est replié de 1,2 pour cent après cinq hausses mensuelles consécutives. La fabrication de biens non durables a chuté de 1,4 pour cent avec une production moindre de nourriture, de produits chimiques et de produits en plastique ou en caoutchouc. La production de biens durables s'est pour sa part amoindrie de 0,9 pour cent.

La production des services publics a reculé de 1,9 pour cent, en partie en raison du temps relativement doux qui a réduit la demande d'électricité et de gaz naturel.

La construction a progressé de 0,5 pour cent, des hausses ayant été observées dans la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels ainsi que dans les travaux de génie et de réparation.

Dans les industries de services, les gains du commerce de gros et du secteur financier ont eu le dessus sur les déclins du secteur du commerce de détail et celui du transport et de l'entreposage.

Le commerce de gros a progressé de 1,5 pour cent — son troisième gain mensuel consécutif —, tandis que le commerce de détail a diminué de 0,4 pour cent. Il s'agissait de son deuxième recul consécutif.

Le secteur de la finance et des assurances s'est accru de 0,5 pour cent. Les activités de gestion des fonds communs de placement, des hypothèques résidentielles et des prêts personnels ainsi que le courtage de valeurs mobilières ont augmenté. Les sociétés d'assurance ont aussi intensifié leurs activités.

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