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Ben Laden: Obama nie toute "célébration excessive" mais tacle Romney

30/04/2012 03:30 EDT | Actualisé 30/06/2012 05:12 EDT

Barack Obama a démenti lundi que son gouvernement se soit adonné à une "célébration excessive" du raid contre Ben Laden pour des raisons électorales mais a taclé les positions fluctuantes de son adversaire républicain Mitt Romney sur ce sujet, sans toutefois le nommer.

"Je ne pense pas qu'il y ait eu une célébration excessive ici", a affirmé le président américain, interrogé lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda sur son état d'esprit, un an après l'opération commando au Pakistan qui a coûté la vie au chef d'Al-Qaïda.

M. Obama briguera un second mandat de quatre ans le 6 novembre, et vendredi son équipe de campagne a diffusé une vidéo publicitaire dans laquelle l'ancien président Bill Clinton couvre de louanges son successeur pour avoir pris seul la décision risquée de lancer le raid contre Oussama ben Laden au Pakistan.

La Maison Blanche a en outre ouvert les portes de sa salle de crise à une télévision américaine qui diffusera mercredi un entretien avec M. Obama sur le thème du raid.

Parallèlement, l'équipe de campagne du président sortant a mis en cause M. Romney, qui s'était opposé à l'idée, professée par M. Obama dès 2007, d'intervenir à l'intérieur du Pakistan contre Al-Qaïda, et avait mis en doute l'intérêt de "remuer ciel et terre et de dépenser des milliards pour capturer une seule personne".

Interpellé lundi par des journalistes dans le New Hampshire, M. Romney a assuré qu'il aurait donné l'ordre de lancer le raid. "Evidemment. Même (l'ancien président) Jimmy Carter aurait donné cet ordre", a-t-il lancé en riant.

Lundi, M. Obama n'a pas cité le nom de M. Romney. Mais "en ce qui concerne mon rôle personnel (dans le raid) et ce que d'autres auraient fait, je me contenterai de recommander à tout le monde de regarder les précédentes déclarations des gens sur la question de savoir s'il était convenable d'aller au Pakistan et de mettre Ben Laden hors d'état de nuire", a-t-il ajouté.

"J'imagine que les gens pensent vraiment ce qu'ils disent. En tout cas, c'est comme cela que j'ai opéré. J'ai dit que j'irais chercher Ben Laden si nous avions l'occasion de le faire, et je l'ai fait. S'il y en a d'autres qui ont dit une chose et maintenant disent qu'ils auraient fait autre chose, je leur laisserai le soin de l'expliquer", a encore dit M. Obama.

Le président américain a aussi estimé lundi qu'un an après le raid contre le repaire de Ben Laden à Abbottabad au Pakistan, "les Américains se souviennent de ce que nous avons réussi, en tant que pays, en faisant rendre des comptes à quelqu'un qui a tué plus de 3.000 de nos concitoyens".

"Et cela témoigne de l'excellence de notre communauté du renseignement, de nos militaires, d'un processus politique qui a fonctionné, et je pense qu'il est tout à fait convenable d'utiliser ce moment pour un peu d'introspection, pour remercier ceux qui ont participé" à l'opération, a fait valoir le président; "c'est ce qui s'est produit".

Ces déclarations ont conduit à une nouvelle riposte de l'équipe de M. Romney, dont la porte-parole Andrea Saul a déploré lundi après-midi que "le président Obama préfère mettre à profit ce qui était un bon jour pour tous les Américains à des fins de politique politicienne".

Dans un communiqué, elle a défendu les convictions "solides du gouverneur Romney sur la guerre contre le terrorisme" et assuré que "la politique étrangère inepte du président Obama a encouragé nos adversaires, affaibli nos alliés et menacé la confiance dans notre armée".

tq/sf

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