Les détails sur l'accessibilité à l'assurance-emploi attendront quelques mois

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OTTAWA - Le doute plane sur la façon dont le gouvernement conservateur entend pousser les chômeurs à retourner sur le marché du travail, alors que plusieurs craignent qu'on les force à accepter un poste mal payé ou peu qualifié.

Ottawa entend jumeler les chômeurs aux emplois disponibles, une mesure annoncée dans le budget fédéral mais dont les détails ne viendront que dans quelques mois.

Le gouvernement de Stephen Harper souhaite entre autres que les chômeurs canadiens soient mis au courant des emplois disponibles — souvent dans le secteur agricole — comblés habituellement par des travailleurs temporaires étrangers.

Or, plusieurs chômeurs craignent que le gouvernement les contraigne à accepter ces emplois peu qualifiés payés au salaire minimum, à défaut de quoi ils verraient leurs prestations d'assurance-emploi coupées.

Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, n'a d'ailleurs rien fait pour les rassurer lors d'une entrevue il y a deux semaines. «Si vous ne prenez pas l'emploi disponible, vous n'avez pas d'assurance-emploi», avait tranché M. Kenney. La Nouvelle-Écosse a un taux de chômage de 10 pour cent, mais l'industrie du sapin de Noël ne peut rouler que parce qu'on fait venir des travailleurs du Mexique, avait déploré le ministre.

Des milliers de travailleurs étrangers viennent à chaque année offrir leur aide dans les champs afin de combler des postes souvent très durs physiquement.

Emploi «convenable»

Interrogée en conférence de presse lundi sur sa définition d'emploi «convenable» qu'un chômeur aurait l'obligation d'accepter, la ministre du Travail, Diane Finley, n'a pas répondu, prétextant que cela débordait de son «message du jour». Les détails sur les façons de remettre les gens au boulot plus vite viendront «dans les mois à venir», a-t-elle signalé.

Pour la porte-parole néo-démocrate en matière de finances, Peggy Nash, le pays pourrait perdre au change en obligeant les travailleurs qualifiés à accepter des emplois au salaire minimum.

«Quelqu'un avec des qualifications académiques pourrait être forcé — pour prendre un exemple extrême — à devenir ouvrier agricole et ainsi rater une occasion d'avoir un emploi dans son domaine», a insisté Mme Nash, ajoutant que, malgré tout, on ne connaissait pas les détails de la législation proposée.

Ce qu'on sait cependant, c'est que dans l'énorme projet de loi de mise en oeuvre du budget déposé la semaine dernière, le gouvernement abroge les parties détaillant la définition d'un emploi qui n'est pas «convenable».

Selon l'ancienne définition, un poste n'est pas convenable notamment s'il est sous-payé ou s'il est «d'un genre différent» de celui que le travailleur occupait avant. Avec la nouvelle loi, seul un emploi de briseur de grève ne serait pas convenable.

Nouveau calcul

L'objet de la conférence de presse de la ministre Finley était de discuter d'un autre des nombreux changements apportés au programme d'assurance-emploi.

Le gouvernement conservateur a prévu modifier le calcul des prestations hebdomadaires en se basant sur l'offre de travail dans une région donnée.

«Notre gouvernement a présenté une nouvelle approche pancanadienne pour le calcul des prestations d'assurance-emploi afin d'en assurer l'équité. Ainsi les personnes qui vivent dans des régions ayant des conditions du marché du travail semblables pourront recevoir des prestations semblables», a noté Mme Finley.

Le nombre de semaines qui servira à établir la prestation à laquelle un travailleur a droit dans une région à fort taux de chômage sera donc basé sur les meilleures 14 semaines de salaire de ce travailleur. Dans les régions où le taux de chômage est plus bas, les prestations seront basées sur la moyenne des 22 semaines où sa rémunération était la plus élevée.

Pour l'opposition, c'est cependant loin d'être suffisant.

«Je pense que c'est un pas dans la bonne direction, mais cela ne vient pas régler le problème du système basé sur les heures (travaillées), faisant en sorte que la plupart des Canadiens n'ont pas droit à l'assurance-emploi quand ils en ont besoin», a noté Mme Nash.

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