POLITIQUE

Grève étudiante: Jean Charest et les Libéraux déplacent leur congrès

29/04/2012 12:57 EDT | Actualisé 29/06/2012 05:12 EDT

Le parti libéral du Premier ministre québécois Jean Charest, confronté au plus important mouvement de contestation étudiant de l'histoire de la province, a annoncé dimanche qu'il déplaçait le lieu de son congrès prévu à Montréal le week-end prochain afin d'éviter les manifestations.

La formation au pouvoir depuis neuf ans dans la province francophone de huit millions d'habitants devait tenir de vendredi à dimanche son Conseil général au centre de congrès Mont-Royal dans le centre-ville de Montréal.

"Suite aux récentes manifestations... la direction du PLQ (Parti libéral du Québec, ndlr) a pris la décision de déplacer l'événement" dans un hôtel de Victoriaville, une municipalité située à 170 kilomètres à l'est de la métropole, a indiqué la formation dans un communiqué.

Le Québec vibre depuis la mi-février au rythme d'un mouvement étudiant sans précédent, ponctué de nombreuses manifestations qui prennent à l'occasion une tournure violente.

Les étudiants s'opposent à la décision du gouvernement d'augmenter de 75% sur cinq ans (325 dollars par an) les droits de scolarité de base à l'université pour les porter à plus de 3.800 dollars par année.

Le Premier ministre a offert vendredi un "compromis", en proposant une bonification du régime des bourses étudiantes et un étalement de la hausse pour la porter à 82% sur sept ans (255 dollars par an).

Cette proposition n'a pas calmé les ardeurs des étudiants qui ont encore marché dans les rues de Montréal samedi soir. Et la Classe, l'organisation étudiante représentant la moitié des 180.000 étudiants toujours en grève, a rejeté à l'unanimité dimanche la proposition du gouvernement.

Devant l'impasse, Jean Charest pourrait être tenté d'organiser des élections législatives anticipées à l'issue du congrès de son parti le week-end prochain, avancent certains analystes.

M. Charest a toutefois jugé "grotesque" vendredi la thèse de l'opposition selon laquelle il cherchait à "pourrir" le climat social pour faciliter sa réélection.

Selon un sondage de l'institut Léger Marketing, 58% de la population est "davantage" favorable à la position du gouvernement québécois qui a opté pour la ligne dure dans ce conflit.

gl/mra

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