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Pendant l'opération Ben Laden, des heures à "se ronger les ongles"

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Du décollage des hélicoptères au retour sain et sauf des forces spéciales, de longs moments à "se ronger les ongles": un an après la mort d'Oussama ben Laden, Leon Panetta, ancien patron de la CIA, se souvient de la fébrilité régnant pendant l'opération contre le chef d'Al-Qaïda.

A l'approche du premier anniversaire, le 2 mai, de l'élimination de l'homme resté invisible pendant dix ans après les attentats du 11-Septembre et sa fuite des montagnes de Tora-Bora (Afghanistan), les responsables de l'administration Obama se prêtent volontiers dans les médias au récit de cette journée particulière.

L'élection présidentielle approche, et l'élimination de Ben Laden restera comme le fait de gloire du mandat de Barack Obama, candidat à sa réélection le 6 novembre.

Dans l'avion qui le ramène d'une tournée en Amérique du Sud, Leon Panetta, qui a quitté la CIA en juillet 2011 pour prendre les rênes du Pentagone, raconte lui aussi la nuit de l'assaut.

A Washington, ce n'est encore que le début d'après-midi. Un dimanche. Dans son quartier général de Langley, Leon Panetta est en contact permanent avec l'amiral William McRaven, patron des forces spéciales qui dirige l'opération depuis Jalalabad (est de l'Afghanistan), et avec la Maison Blanche où se sont réunis le président et ses principaux conseillers.

Quarante-huit heures plus tôt, après des mois de recueil d'informations, Barack Obama a donné son feu vert à une opération commando héliportée. La cible est une résidence d'Abbottabad, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale pakistanaise, où semble se trouver Oussama ben Laden.

Une heure et demie de vol à l'aller, autant au retour, 40 minutes au sol, et d'interminables "moments à se ronger les ongles", se rappelle l'ancien patron de la CIA.

Le premier épisode fort a été "quand les hélicoptères sont entrés au Pakistan" avec la crainte "d'être détectés" par les radars, détaille-t-il. Pour l'éviter, les deux Blackhawk transportant chacun une dizaine de Navy SEALs volent en rase-mottes. Ils ont été adaptés pour accroître leur furtivité et réduire leur bruit.

Le deuxième moment de tension, "bien sûr", est l'arrivée des hélicoptères sur les lieux. L'un des appareils s'écrase. "La température au sol était supérieure à celle qu'on nous avait annoncée (...) cela a réduit la portance de l'hélicoptère", explique Leon Panetta.

Une photo passée à la postérité capture cet instant: dans la salle de crise de la Maison Blanche, les visages sont figés, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton porte sa main devant la bouche, prise d'effroi.

"J'ai dit à l'amiral McRaven: +Qu'est-ce qu'on fait maintenant?+, il m'a répondu: +Ne vous inquiétez pas, on avait envisagé ça+", se remémore M. Panetta. Deux hélicoptères Chinook chargés de SEALs avaient été prévus en renfort. Ils "ont bien aidé".

Le "troisième moment fort a été la longue période de silence suivant le début de l'assaut, sans que l'on sache ce qui se passait". Malgré les images relayées par un drone qui survolait la zone, l'action se déroule dans la maison. Et pendant vingt minutes, aucune information.

"Nous savions que des coups de feu avaient été tirés mais après je ne savais rien", se souvient-il. "Et c'est à ce moment que McRaven a dit qu'il avait entendu le nom de code Géronimo", attribué à Ben Laden.

Quelques minutes plus tard, la confirmation: "Géronimo KIA" (killed in action, tué).

La tension ne s'évanouit pas pour autant. Quand les SEALs font exploser l'hélicoptère accidenté en quittant les lieux, "on savait qu'on avait réveillé tout le Pakistan (...) L'inquiétude était de savoir comment il allait réagir". Quelques dizaines de minutes plus tard, les hélicoptères seront rentrés sans encombre.

jz/mra/sam

Sur le web

Mort d'Oussama ben Laden - Wikipédia

Suite de l'opération Géronimo (Ben Laden) - YouTube

New Photos: Obama Overseeing the bin Laden Operation | The Nation