Les grévistes québécois suscitent l'intérêt à l'échelle internationale (VIDÉO/PHOTOS)

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MONTRÉAL - La crise sur la hausse des droits de scolarité qui sévit depuis plusieurs semaines au Québec s'est muée — pendant la dernière année —, en un mouvement étudiant plus large suscitant désormais l'attention à l'échelle internationale.

Au cours des derniers jours, les manifestations étudiantes au Québec ont reçu une couverture de certains médias français — tels Le Monde et l'Agence France-Presse —, en plus d'autres en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, notamment sur les ondes de CNN. Même la chaîne arabe Al Jazeera en a parlé.

Un blogue du New York Times laissait entendre que les frais de scolarité et les dettes d'étudiants deviendront un thème central du président américain, Barack Obama, dans sa campagne à sa propre réélection. Les étudiants «canadiens-français» étaient cités comme un exemple du débat sur les frais de scolarité s'inscrivant dans un cri du coeur international dénonçant le coût élevé de l'éducation.

Les frais annuels pour une université privée aux États-Unis dépassant les 30 000 $ par année, et la dette collective des étudiants frise le 1 billion $ US, une somme dépassant la totalité des dettes de cartes de crédit du pays. D'aucuns pourraient s'interroger sur les motifs des Québécois pour se plaindre d'une hausse «modeste» de 1625 $ par année.

Les manifestants contre la hausse affirment vouloir effectuer un virage dans le système d'éducation, de sorte qu'il s'éloignerait du modèle américain pour se rapprocher de la Suède, où l'éducation post-secondaire est gratuite. L'opposition n'a cessé de croître depuis que le gouvernement québécois a annoncé dans le budget de mars 2011 une hausse de 325 $ par année, hausse répétée pendant cinq ans.

D'autres militants à l'étranger se sont joints à la discussion sur la hausse des droits de scolarité au Québec, l'intégrant à une lutte historique plus large à ce chapitre.

Une militante et journaliste des quotidiens britanniques The Independent et The Guardian, Laurie Penny, s'intéresse de très près au mouvement international Occupons. Elle a prêté l'oreille à la grogne secouant le Québec.

Selon elle, les manifestants québécois sont un autre visage du mouvement Occupons, alors que de plus en plus de diplômés et d'étudiants craignent — à l'international —, de contracter des dettes sans assurance d'un futur professionnel.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, la branche québécoise d'Amnistie Internationale a dénoncé les tactiques employées par les corps policiers pour disperser les foules de manifestants. On y critiquait l'usage excessif de la force, les arrestations massives potentiellement arbitraires, l'intimidation et le profilage racial.

Les étudiants québécois ont aussi été appuyés par d'autres Canadiens, alors que plus de 700 Torontois ont signé une pétition pour exprimer leur solidarité jeudi. Alain Sears, l'un des porte-parole du groupe ayant instauré la pétition, a affirmé que le mouvement étudiant illustrait une tendance mondiale qui pourrait même influencer d'autres actions en Ontario ou ailleurs.

«Lorsqu'il y a une réplique inspirante qui est donnée à un agenda caché, les gens manifestent un grand intérêt», a affirmé M. Sears.

Certaines voix se sont élevées pour critiquer la grève et exhorter les étudiants à retourner sur les bancs d'école, des propos rejetés du revers de la main par Mme Penny.

«Il faut vraiment être naïf pour croire que ce sont seulement des jeunes paresseux qui ne veulent pas payer leurs droits de scolarité. Au cours de la prochaine décennie, l'accès à l'éducation deviendra un enjeu majeur pour tous.»

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