Le taux de chomage atteint 24,4 pour cent en Espagne

PC  |  Par Publication: 27/04/2012 09:55 Mis à jour: 27/04/2012 16:41

MADRID - Le chômage a encore augmenté en Espagne pour atteindre 24,4 pour cent de la population active au premier trimestre contre 22,9 pour cent au dernier trimestre de l'année dernière. Ces chiffres publiés vendredi illustrent l'ampleur de la crise dans le pays, dont la note vient d'être dégradée par l'agence Standard and Poor's.

Avec près d'un actif sur quatre frappé, l'Espagne connaît le taux de chômage le plus élevé des 17 pays de la zone euro. D'après l'Institut national de la statistique, 365 900 Espagnols ont perdu leur emploi au cours des trois premiers mois de 2012 et le nombre de chômeurs s'établit désormais à 5,6 millions. Chez les moins de 25 ans, le taux de chômage dépasse à présent les 50 pour cent, à 52 pour cent contre 48,5 pour cent au dernier trimestre 2011.

«Ce sont des chiffres terribles pour tout le monde et terribles pour le gouvernement», a commenté le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, sur la radio nationale espagnole. «L'Espagne connaît une crise d'une ampleur énorme.»

Ces chiffres sont un nouveau coup dur pour le nouveau gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, au lendemain de l'annonce par Standard & Poor's d'une dégradation de la note de la dette souveraine espagnole, qui passe de A à BBB+.

L'agence de notation a justifié jeudi sa décision par l'aggravation du déficit budgétaire du pays et des perspectives économiques défavorables. La perspective associée à la note est «négative», ce qui signifie que Standard & Poor's n'exclut pas de l'abaisser encore. La quatrième économie de la zone euro n'est plus désormais qu'à trois crans du statut spéculatif.

En début de semaine, la Banque d'Espagne avait annoncé que le pays était en récession, pour la seconde fois en trois ans, après deux trimestres de croissance négative. Le produit intérieur brut (PIB) espagnol a diminué de 0,4 pour cent au premier trimestre de 2012, après -0,3 pour cent au dernier trimestre de l'an dernier, selon les estimations préliminaires de la banque centrale espagnole.

Ce retour de la récession, couramment définie par deux trimestres consécutifs de croissance négative, n'est pas une surprise, le gouvernement ayant déjà prévu pour cette année une croissance négative de -1,7 pour cent.

Un taux de chômage aussi élevé était également attendu, mais pas si tôt dans l'année. Il est aujourd'hui à son plus haut niveau depuis 1994, quand il avait atteint 24,55 pour cent.

Si l'on compare les derniers chiffres à ceux du premier trimestre de 2011, 729 400 personnes supplémentaires se sont retrouvées au chômage en un an. L'institut espagnol de la statistique recense 1,7 million de foyers au sein desquels personne n'a d'emploi.

L'Espagne est depuis plusieurs semaines au coeur des craintes d'une amplification de la crise de la dette dans la zone euro. Les investisseurs s'inquiètent de la capacité du pays à mettre en oeuvre des mesures d'austérité et engager des réformes dans une période de récession et de chômage de masse.

Les mesures d'économie sont essentiellement destinées à réduire le déficit public, actuellement de 8,5 pour cent du PIB, pour le ramener sous le seuil de 3 pour cent fixé par l'Union européenne. Pour cette année, l'objectif est de l'abaisser à 5,3 pour cent du PIB.

Mais la situation économique fait planer la menace que le gouvernement ne puisse pas remplir ses objectifs et alimente la peur que l'Espagne ne soit à son tour obliger de demander un plan de sauvetage financier, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal. Avec la différence que son économie est deux fois plus importante que celle de ces trois pays réunis, ce qui rendrait difficile un renflouement.

Pour l'heure, l'Espagne ne risque pas de devoir demander un plan d'aide, car son gouvernement est encore solvable, estime Antonio Argandona, professeur d'économie à l'école de commerce IESE. Mais le pays, comme d'autres, est indirectement aidé par les prêts à court terme bon marché de la Banque centrale européenne, qui permettent aux banques espagnoles d'acheter des obligations espagnoles au taux élevé.

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Publié par Patrick White  |