Plusieurs artistes vendent des millions de chansons, mais des milliers d'albums

CP  |  Par Publication: 26/04/2012 15:41 Mis à jour: 26/04/2012 16:55

NEW YORK, États-Unis - Peu avant le lancement du troisième album de Flo Rida, près de deux millions de fans avaient acheté le premier extrait, «Club Can't Handle Me».

Mais une semaine après sa sortie, seules 11 000 personnes avaient acheté le mini-album de huit chansons, «Only One Flo Part 1», le plaçant seulement au 107e rang du palmarès Billboard. En deux ans, l'album ne s'est écoulé qu'en 62 000 exemplaires, selon Nielsen Soundscan.

L'expérience de Flo Rida en 2010 se répète encore et encore sur la scène pop. Le rappeur n'est qu'un des nombreux artistes souffrant de ce déséquilibre: ils ont une multitude de chansons à succès, mais les ventes de leurs albums sont anémiques.

Il y a plusieurs années, une chanson à succès se traduisait généralement par une certification or ou platine pour l'album sur lequel elle se trouvait. Avec plusieurs succès, on avait un album multiplatine. Les temps ont cependant changé.

Le groupe Cobra Starship a placé une chanson dans le top 10 avec son succès double platine «You Make Me Feel...», mais son dernier album s'est classé au 50e rang à sa sortie et ne s'est écoulé qu'à 33 000 exemplaires.

Gym Class Heroes, qui s'est classé dans le top 5 avec la chanson «Stereo Hearts» et a obtenu du succès avec «Ass Back Home», n'a pourtant pas réussi à placer son quatrième album, «The Papercut Chronicles II», plus haut qu'au 54e rang à sa première semaine au palmarès Billboard Top 200.

Le chanteur du groupe, Travie McCoy, avait connu un sort semblable avec son premier album solo «Lazarus», en 2010. Bien que l'extrait «Billionaire», chanté avec Bruno Mars, ait été acheté plus de trois millions de fois, seules 74 000 copies de l'album ont trouvé preneur.

Ne-Yo, le fabricant de succès qui a écrit des pièces pour des artistes comme Beyoncé et Rihanna, croit que le manque de personnalité et d'originalité des artistes est à blâmer.

«Selon moi, (la responsabilité) tombe sur les épaules de la compagnie de disques, mais aussi sur celles des artistes eux-mêmes. Je crois que ce qui vous convainc d'aller acheter l'album complet d'une personne est le fait que vous aimez cet artiste», a-t-il expliqué.

«Plusieurs personnes disent que l'industrie commence à se concentrer uniquement sur les chansons individuelles, ce qui sonne comme une défaite à mes oreilles», a-t-il ajouté.

Ne-Yo croit que les grands noms de l'industrie doivent «prendre le temps et l'argent nécessaires pour s'assurer de créer des icônes» et non des artistes coulés dans un moule.

Tom Corson, de RCA Records, affirme cependant qu'un artiste qui ne vend pas beaucoup d'albums n'est pas forcément un échec. Selon lui, les compagnies de disques mesurent le succès de l'album en comptabilisant les ventes du disque et des chansons individuelles.

«Certains artistes vendent 300 000 albums, mais vendent 10 millions de chansons. C'est l'équivalent de 1,3 million d'albums», illustre-t-il.

D'autres artistes réussissent quant à eux à obtenir du succès tant pour les ventes d'albums que pour celles d'extraits, même si les premières estimations ne semblaient pas prometteuses.

Le premier album de Lady Gaga, «The Fame» (2008), n'a pas été un succès instantané, mais la chanteuse a lancé plusieurs extraits ayant connu une grande popularité tout en créant un lien avec ses fans dévoués et en révélant sa personnalité grâce à ses choix vestimentaires audacieux.

Bruno Mars a connu des débuts laborieux avec l'album «Doo-Wops and Hooligans» — 55 000 copies vendues à sa première semaine — malgré la sortie de trois populaires extraits avant le lancement du disque. Le chanteur a toutefois continué de lancer des chansons à succès pour lui-même et pour d'autres. Aujourd'hui, l'album s'est écoulé à plus de 1,6 million d'exemplaires, selon Nielsen Soundscan.

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