Amaluna du Cirque du Soleil : des numéros remâchés de grande qualité

Par Publication: 26/04/2012 09:01 Mis à jour: 2/05/2012 12:14

Amaluna

Avec une 32e production à son actif, le Cirque du Soleil est-il encore capable de se réinventer ? La question s'impose après avoir assisté mercredi à la première du spectacle Amaluna, présentée dans le Vieux-Port de Montréal. Malgré des numéros d’une indéniable qualité et un penchant pour l’esthétisme fort réussi, le dernier-né de la troupe de Guy Laliberté n’est pas à la hauteur des attentes.

Pour le peu qu’il y ait un fil conducteur à l’œuvre dirigée par Diane Paulus, Amaluna est une île gouvernée par des déesses et défendue par des amazones où une jeune fille est initiée à l’amour et à la vie. L’idylle qu’elle entretient avec Romeo parsème le spectacle ici et là, mais force est d’admettre que le Cirque du Soleil n’est pas en train de nous raconter une histoire, mais plutôt d’enchaîner les prouesses techniques en s’assurant de donner toute la place à la puissance féminine.

À cet égard, plusieurs qualités traditionnellement associées aux femmes sont représentées pendant le spectacle : la sensualité et l’intensité du cerceau aérien chanté ; le lyrisme, la fougue et l’intempestivité de la musique interprétée par huit musiciennes en direct sur la scène ; la douceur, la chaleur et la subtilité des éclairages, ainsi que l’incandescente beauté de la plupart des costumes apportent un petit quelque chose de sublime à l’ensemble.

Cependant, la force féminine d’Amaluna est maintes fois devancée par une impression de déjà-vu qui finit par agacer. Le numéro où les amoureux s’amusent dans l’énorme bol d’eau est joli et bien réalisé, sans être soufflant de nouveauté. Celui où les amazones s’exercent aux barres asymétriques n’ajoute pratiquement rien à ce que des gymnastes de niveau national pourraient exécuter. Les petites acrobates asiatiques qui se font tourner comme des crêpes attirent notre attention, mais ne nous surprennent plus. Les passages d’unicycle, de fil de fer et de bascule sont aussi révolutionnaires que celui de la jonglerie. C’est-à-dire, pas du tout.

Les moments forts du spectacle sont plutôt réservés au numéro solo de Romeo, inexpressif, mais ô combien talentueux, à plusieurs interventions rigolotes des deux clowns et au passage original, mais ennuyant, où une jeune femme assemble un amas de morceaux de bois avec une minutie, une patience et un contrôle de soi frisant la perfection. La moitié de la foule s’est d’ailleurs levée pour l’ovationner.

Conscients de ne rien bousculer de l’univers circassien avec l’aspect technique d’Amaluna, les créateurs prétendent avoir innové avec une narrativité puissante et recherchée. Voilà un argument bien maladroit lorsque ni l’originalité, ni l’histoire du spectacle n’arrivent à nous transporter. En vérité, le Cirque du Soleil présente aux Montréalais une œuvre à l’image d’une vieille relation amoureuse : ne fournissant plus suffisamment d’efforts pour la réinventer, elle n’offre rien d’autre que du confort et de la facilité.

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Avec une 32e production à son actif, le Cirque du Soleil est-il encore capable de se réinventer ? La question s'impose après avoir assisté mercredi à la première du spectacle Amaluna, présenté...
Avec une 32e production à son actif, le Cirque du Soleil est-il encore capable de se réinventer ? La question s'impose après avoir assisté mercredi à la première du spectacle Amaluna, présenté...
Publié par Patrick White  | 
 
 
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19:00 sur 29/04/2012
C'était un très beau spectacle de cirque. Et il y avait des numéros qui étaient vraiment WOW!!! mais il demeure que, pour le prix, ce fut une grande déception... Ce n'était pas le WOW continu de Allegria ou de Saltimbanco. C'était un excellent spectacle, mais ce n'était pas à la hauteur du Cirque du Soleil. J'imagine que l'excellence maintenant je la trouverai à Las Vegas. A Montréal, non je n'y retournerai pas.
03:27 sur 27/04/2012
Quand vous allez voir un spectacle de musique, à quoi vous attendez-vous? À entendre et voir des musiciens jouer des pièces que vous avez entendus à maintes reprises. Vous n'allez pas à un spectacle de Garou en espérant que peut-être, ce sera Led Zeppelin qui prendra sa place. Alors pourquoi est-ce que vous vous attendez à ce que le Cirque du Soleil soit autre chose que sa propre identité? La grande majorité des numéros sont des créations originales. Ils sont exploités dans un contexte qui est différent, avec une énergie différente. De la jonglerie restera de la jonglerie, de la bascule restera de la bascule, du fil de fer restera du fil de fer. Une fois que vous avez choisi les disciplines, c'est à ce moment que vous avez le mandat d'innover. Je serais curieux de voir des numéros où le karma, l'énergie, le contexte sont les même que ceux d'Amaluna., Parce qu'il n'y en a pas.

Ce qui est important, c'est le contexte où chaque numéro est utilisé. C'est ça l'innovation. Peu importe le spectacle de cirque, vous allez toujours voir ces disciplines. Avec une vision aussi en surface que la vôtre, je vous suggère donc de ne plus jamais en voir, puisque vous allez être déçu de revoir du «remâché» à chaque fois.