Sarkozy: il n'y aura «pas d'accord avec le Front national»

AFP  |  Publication: 25/04/2012 10:35 Mis à jour: 25/04/2012 10:45

Sarkozy
Sarkozy: il n'y aura «pas d'accord avec le Front national».

PARIS, 25 avr 2012 (AFP) - Le président sortant Nicolas Sarkozy a affirmé mercredi qu'il n'y aurait "pas d'accord" avec l'extrême droite en vue des prochaines échéances électorales en France et "pas de ministres" issus du Front national (FN) dans son futur gouvernement s'il était réélu le 6 mai.

"Il n'y aura pas d'accord avec le FN, pas de ministres, mais je dois tenir compte du vote et pas considérer qu'il faille se boucher le nez", a déclaré le président-candidat à la radio France Info.

Il a assuré qu'il n'avait "jamais souhaité, jamais voulu" d'accord avec l'extrême droite "parce que nous avons des points de désaccords", tout en réaffirmant son intention de rallier les électeurs de la présidente du FN Marine Le Pen.

"Les 18% qui ont voté pour Marine Le Pen ne lui appartiennent pas, mais c'est de mon devoir de m'adresser à eux", a-t-il ajouté, réitérant son refus "de diaboliser les électeurs qui ont voté pour la candidate du Front national".

Interrogé sur ses déclarations de la veille, quand il avait dit que si Marine Le Pen avait le droit de se présenter à l'élection présidentielle c'est qu'elle était "compatible avec la République", M. Sarkozy a développé son propos.

"A partir du moment où la République autorise Marine Le Pen à être candidate, c'est que (le Front national) est un parti démocratique, sinon, on ne l'autoriserait pas. Il faut être cohérent", a-t-il affirmé. Et "donc, les Français, les citoyens qui votent pour elle, on ne va pas le leur reprocher".

Selon lui, "s'il y avait quelque chose d'antirépublicain à présenter la candidature de Marine Le Pen", alors, "il faut l'interdire, il faut aller jusqu'au bout".

"Il n'y a pas un mauvais vote et un bon vote. C'est aux Français de choisir et j'ai revendiqué le droit de parler à ces Français qui, en votant pour Marine Le Pen, ont exprimé quelque chose. (...) Ces gens-là, si on veut les remettre dans le champ des formations républicaines, il faut s'adresser à eux", a-t-il argué.

De son côté, le candidat socialiste et favori du scrutin François Hollande a jugé sur la chaîne France 2 qu'il y avait "trop d'ambiguïtés" au sein du parti présidentiel UMP sur la position à tenir en cas d'éventuels duels avec le FN aux législatives (prévues les 10 et 17 juin) et a déploré que son rival Nicolas Sarkozy essaie de "séduire" jusqu'aux "dirigeants de l'extrême droite".

Interrogé sur ce qu'il ferait en cas de duel FN-UMP aux législatives, M. Hollande rappelle qu'il n'a "jamais hésité" et a d'ailleurs "été dans cette situation en 2002" quand la gauche a appelé à voter pour Jacques Chirac pour barrer la route à Jean-Marie Le Pen lors de l'élection présidentielle.

Alors premier secrétaire du Parti socialiste, "j'ai appelé à voter pour Chirac, je n'ai pas dit +contre+ l'extrême droite, j'ai dit +pour+ Jacques Chirac", a-t-il affirmé.

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Publié par Isabelle Marceau  |