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Le PQ veut un débat sur le financement politique entièrement assumé par l'État

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QUÉBEC - Pour redorer le blason des élus, l'opposition péquiste propose d'étudier l'abolition du financement populaire des partis politiques.

Pour le porte-parole de l'opposition en matière de réforme des institutions démocratiques, Stéphane Bédard, le temps est venu d'explorer une nouvelle avenue de financement politique assumé à 100 % par les contribuables.

«Je pense qu'il faut ouvrir le débat autour du financement totalement public, a-t-il dit. Il y a tellement eu d'histoire autour du financement politique, il faut casser ça, il faut arrêter ça.»

Les récentes révélations de Radio-Canada, à l'effet que l'entrepreneur en construction Lino Zambito et la firme de génie Roche avaient organisé des soirées de financement pour la ministre Nathalie Normandeau, alors aux Affaires municipales, ont porté un autre dur coup à la réputation des parlementaires, a déploré M. Bédard.

«On nous met tous dans le même paquet, or ce n'est pas vrai. Le Parti québécois, ce n'est pas le Parti libéral. Moi, je n'ai jamais sous-traité un cocktail de financement à une firme d'ingénieurs, je n'ai jamais même pensé à faire ça, on n'est pas tous dans la même 'gimmick'», a-t-il soutenu.

Le Parti québécois s'est déjà engagé, s'il est porté au pouvoir, à ramener de 1000 $ à 100 $ le don maximal autorisé à une formation politique. Le but visé est de court-circuiter la capacité des lobbyistes d’influencer les partis politiques par des contributions massives.

Néanmoins, un sondage Léger Marketing publié plus tôt cette semaine tend à démontrer que cette mesure ne suffit pas à dissiper l'image de corruption qui colle à la peau de la classe politique. À 53 %t, les répondants ont dit croire que la majorité des députés sont impliqués dans des affaires de corruption.

Pendant la période de questions à l'Assemblée nationale, le député de Chicoutimi a plaidé en faveur d'un nouveau coup de barre pour lutter contre le cynisme. Il a suggéré au gouvernement de tenir un débat sur l'abolition du financement populaire des partis politiques et son remplacement par un financement entièrement public basé sur les résultats électoraux.

«Depuis un an, le climat s'est adouci un peu ici mais pas ailleurs au Québec. Le cynisme autour de la classe politique est réel et les données du sondage d'hier (mardi) interpellent tout le monde. Il faut poser des gestes, et ce n'est sûrement pas le fait de sous-traiter un cocktail de financement à une firme d'ingénierie qui va ramener la confiance des citoyens», a-t-il justifié.

La partie ministérielle n'a pas donné suite à la requête du député de l'opposition.

Servant la réplique, le ministre délégué aux Finances, Alain Paquet, a rappelé le bouquet de mesures adoptées ces derniers mois pour faire échec au financement frauduleux.

Il a cité la loi «anti prête-noms» (la loi 113), les amendes quintuplées, la déclaration obligatoire du donateur et l'abaissement de la contribution autorisée de 3000 $ à 1000 $.

Ces «progrès» font «une différence», a soulevé M. Paquet, pressé de clore le débat.

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