Les F-35 représentent un risque pour les contribuables, selon un ancien colonel

CP  |  Par Publication: 25/04/2012 14:20 Mis à jour: 25/04/2012 16:21

OTTAWA - L'achat d'une flotte de chasseurs furtifs F-35 constitue un risque considérable pour les contribuables canadiens, assure un ancien mécanicien de bord de l'Aviation royale canadienne.

Le colonel à la retraite Paul Maillet, un ancien candidat du Parti vert qui a géré la flotte des CF-18 pendant sa carrière dans l'armée, soutient que sa principale préoccupation au sujet de ces appareils est le fait qu'ils sont toujours en phase de développement. Il affirme qu'il faudra encore une décennie avant de pouvoir juger si les chasseurs furtifs sont aussi performants qu'on le laisse entendre.

Beaucoup de changements peuvent survenir dans le domaine de l'aérospatiale d'ici 2020, et Paul Maillet suggère à l'Aviation royale canadienne d'évaluer, entre-temps, si des drones sans équipage pourraient remplir les besoins de l'armée.

M. Maillet s'exprime au nom de l'Institut Rideau, un laboratoire d'idées de gauche d'Ottawa. Selon le regroupement, le gouvernement Harper devrait tirer des leçons de son expérience avec les Cyclone CH-148, les hélicoptères maritimes qui avaient été commandés sous le gouvernement libéral de Paul Martin.

Tout comme l'achat des F-35, celui des Cyclone, dont le prix total s'élève à 5,7 milliards $, a été vivement critiqué par le vérificateur général en raison de ses nombreux délais et dépassements de coûts.

Au départ, Sikorsky, une entreprise du Connecticut, devait livrer les premiers hélicoptères en 2008, et la flotte de 28 appareils devait être en service à la fin de 2011.

Or, l'Aviation royale canadienne n'a reçu jusqu'ici qu'un seul prototype de l'hélicoptère, qui se trouve présentement à la base militaire de Shearwater, en Nouvelle-Écosse. Cinq autres devraient être livrés cette année.

Paul Maillet se range ainsi du côté de Philippe Lagassé, professeur adjoint d'affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa, qui avait émis des commentaires semblables il y a un peu plus d'une semaine.

Par ailleurs, ses propos surviennent alors que le Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes se prépare à tenir des audiences au sujet du dernier rapport sur le programme des F-35 déposé par le vérificateur général du Canada.

Dans le document qu'il a présenté le 3 avril, David Ferguson juge que les ministères de la Défense nationale et des Travaux publics ont caché les coûts réels du programme des F-35, et qu'ils ont enfreint les règles d'approvisionnement du gouvernement.

L'achat de ces chasseurs furtifs coûterait au moins 25 milliards $ aux contribuables canadiens, plutôt que les 14,7 milliards $ annoncés par le gouvernement Harper.

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Publié par Geoffrey Dirat  |