Des écoutes inutilisables en cour dans le procès de Mohamed Harkat

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Une cour d'appel canadienne a décidé mercredi que des preuves "clés" provenant de retranscriptions d'écoutes téléphoniques ne pouvaient être utilisées contre un Algérien soupçonné de liens avec l'organisation extrémiste Al-Qaïda.

Mohamed Harkat, 44 ans, vit depuis plus de cinq ans sous une surveillance très stricte après avoir passé quatre ans en prison.

Sans avoir jamais été inculpé, mais considéré comme un "agent dormant" d'Al-Qaïda, il avait été arrêté en décembre 2002 puis détenu en vertu d'un "certificat de sécurité", une procédure qui permet aux autorités d'incarcérer sans procès des étrangers soupçonnés de terrorisme sur la base d'informations tenues secrètes.

Ses avocats avaient demandé que les retranscriptions de ses conversations téléphoniques ne soient pas utilisées comme preuves, arguant que la destruction des enregistrements originaux, une opération de routine des services spéciaux, avait violé la procédure judiciaire.

Du coup, en acceptant cette argumentation, la cour d'appel a ajourné la procédure d'extradition à l'égard de M. Harkat, son affaire devant être examinée à nouveau par une cour fédérale.

Me Matthew Webber a estimé que l'exclusion des transcriptions aurait "un effet profond" sur la suite du procès.

Son confrère Norman Boxall a qualifié les documents en question de "résidus en lambeaux" pleins d'inexactitudes.

M. Harkat a nié tout lien avec des organisations extrémistes et affirmé avoir quitté l'Algérie à cause des persécutions frappant son parti politique, le Front islamique du salut (FIS). Il est arrivé au Canada comme réfugié en 1995 après avoir vécu pendant cinq ans au Pakistan.

La décision du tribunal "me donne l'espoir de voir mon nom lavé (...) et de voir la justice triompher un jour", a dit M. Harkat. "Ce n'est pas fini, mais... je vois une lumière au bout du tunnel".

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