Le PQ réclame des excuses à Charest après sa blague sur les étudiants

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QUÉBEC - Le Parti québécois a réclamé en vain, mardi, des excuses du premier ministre Jean Charest à la suite d'une blague visant des manifestants étudiants qui lui a valu des critiques la semaine dernière.

En réponse à une question de la chef péquiste Pauline Marois, M. Charest a indiqué qu'il souhaite tourner la page sur cet événement, pour se concentrer sur une sortie de crise avec les étudiants.

«Je souhaite que tous les Québécois, incluant l'opposition et la chef de l'opposition, se joignent à nous aujourd'hui pour qu'on puisse arriver à un dénouement de cette affaire-là, a-t-il dit. On est rendus là, on n'est pas rendus à l'étape d'essayer d'en tirer un profit politique.»

M. Charest a fait valoir qu'il s'était déjà expliqué à ce sujet. Vendredi soir, le cabinet du premier ministre avait diffusé un communiqué expliquant que sa blague avait été citée hors contexte.

Quelques heures plus tôt, en marge d'un salon sur le Plan Nord qui avait été la cible des manifestants, M. Charest avait ironisé sur la situation, associant leur présence à un intérêt pour son projet-phare de développement économique.

Le premier ministre avait aussi blagué en exprimant le souhait que les manifestants aillent travailler le plus loin possible dans le nord québécois.

Lundi, en acceptant les conditions du gouvernement pour amorcer des négociations visant à mettre fin à leur grève de plus de 10 semaines, des leaders étudiants ont qualifié la blague de «bourde» et «d'erreur politique», dans le contexte où la manifestation a dégénéré en affrontement avec les policiers.

En Chambre, mardi, Mme Marois a jugé que les propos de M. Charest étaient méprisants à l'endroit des étudiants et elle s'est désolée du refus du premier ministre de s'excuser.

«Les Québécois sont sûrement déçus de voir que leur premier ministre refuse de s'excuser alors que cela aurait été si simple», a-t-elle dit.

Vendredi, Mme Marois avait affirmé que l'heure n'était pas à l'humour mais à la discussion avec les étudiants.

En répondant à Mme Marois à la période des questions, mardi, M. Charest a plutôt accusé la chef péquiste d'avoir tardé à condamner la violence dans les manifestations étudiantes.

«J'aurais aimé que la chef de l'opposition, qui s'est dépêchée à faire des commentaires sur cette déclaration, agisse avec la même rapidité pour dénoncer la violence», a-t-il dit.

Le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, a aussi mordu la poussière, avec sa tentative pour que l'Assemblée nationale condamne les propos de M. Charest.

Les libéraux ont refusé le dépôt d'une motion, dans laquelle M. Aussant affirme que la blague de M. Charest était déplacée et attisait le conflit.

Les étudiants réclament le gel des droits de scolarité plutôt que la hausse de 1625 $, prévue sur une période de cinq ans, décidée par le gouvernement.

Lundi, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a accepté d'amorcer des discussions en échange d'une trêve de 48 heures, par laquelle les associations étudiantes ont renoncé à toute perturbation comme les blocages de ponts ou routes. Les étudiants ont toutefois le droit de manifester dans un cadre organisé, a précisé la ministre lundi.

Mardi, Mme Beauchamp a déclaré que les discussions, amorcées lundi, se poursuivent à huis clos avec les représentants des trois associations étudiantes.

Alors que Mme Beauchamp avait proposé lundi une première ronde de 48 heures, elle a affirmé mardi aux journalistes que cela était à titre indicatif.

«Vous m'avez demandé combien de temps je pensais que ça pouvait durer, j'ai dit qu'on se donnait un bloc de 48 heures, mais les discussions ont cours», a-t-elle dit.

Hélène Sauvageau, l'attachée de presse de la ministre, a déclaré que pour pouvoir poursuivre les discussions au delà de la période de 48 heures, qui se termine mercredi après-midi, les associations devront obligatoirement prolonger la trêve qu'ils ont acceptée lundi.

«Tant et aussi longtemps qu'il y a des discussions, on demande que la trêve soit là», a-t-elle dit.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a déjà annoncé une manifestation pour mercredi après-midi, à 14h00, au parc Émilie-Gamelin à Montréal. Les fédérations étudiantes collégiale et universitaire prévoient pour leur part tenir une autre manifestation jeudi après-midi, au même endroit.

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