Barack Obama compte sur les étudiants pour retrouver la magie de 2008

AFPQC  |  Publication: 24/04/2012 22:35 Mis à jour: 24/04/2012 22:40

Les cuivres de la fanfare jouent l'air à la mode "Dynamite", et les 10 800 spectateurs hurlent à pleins poumons quand arrive sur scène Barack Obama, président-candidat venu à la fois remotiver les jeunes électeurs et se nourrir de leur énergie.

"Vous êtes heureux parce que l'année est presque finie!" s'exclame M. Obama, radieux, face au rugissement de joie de la foule. La scène se produit mardi soir à Boulder dans le stade couvert de basket de l'université du Colorado, un État qui pourrait s'avérer crucial pour la présidentielle du 6 novembre.

Six heures plus tôt, le président livrait le même argumentaire à 2 500 km de distance, en Caroline du Nord, là aussi une région stratégique qui faciliterait son ambition de se maintenir quatre années de plus à la Maison Blanche si elle restait dans son escarcelle.

Officiellement, la tournée de M. Obama dans trois établissements universitaires publics - il est attendu mercredi dans l'Iowa - est destinée à faire pression sur les élus du Congrès dominé par ses adversaires républicains pour qu'ils évitent un doublement des taux des prêts étudiants subventionnés en juillet.

Permettre à ces taux de passer de 3,4 à 6,8% en juillet correspondrait à une hausse effective d'impôts de 1 000 dollars par an, assure-t-il, alors que les étudiants américains quittent déjà l'université avec 25 000 dollars de dettes en moyenne.

Le ton passionné et populiste du président rappelle fort celui de la dernière ligne droite de sa campagne victorieuse de 2008, quand son message de "changement" et d'"espoir" avait séduit les deux tiers des électeurs américains de moins de 30 ans.

Mais après trois ans de pouvoir, même prononcée avec brio, la rhétorique est parfois plus terre à terre.

Comme en Caroline du Nord, M. Obama rappelle aux étudiants boursiers que lui et sa femme Michelle ont été à leur place. "Nous n'étions pas d'origine aisée, nous n'avions pas de familles célèbres", dit-il, en soulignant qu'il y a huit ans, il remboursait encore ses prêts étudiants.

"J'ai été à votre place, je sais de quoi je parle", insiste-t-il. Sa campagne de réélection a présenté son adversaire républicain Mitt Romney, qui a remporté une série de primaires décisives mardi soir, comme détaché des réalités. M. Romney, ancien entrepreneur multimillionnaire, avait un père capitaine d'industrie et gouverneur.

La victoire de M. Obama il y a quatre ans avait été due en partie à la mobilisation des jeunes. Mais pour Thomas Mann, expert en sciences politiques à l'institut Brookings de Washington, "ce sera difficile de reproduire en 2012 le sentiment d'excitation qui a provoqué une vague de jeunes électeurs en 2008".

"M. Obama a toutes les raisons de chercher à relancer cette excitation", au besoin "par une séduction large et populiste" de ce groupe d'électeurs, explique-t-il à l'AFP.

Michelle Steele, une étudiante de 19 ans, fait partie de ceux qui restent encore à convaincre. Avant de voter pour la première fois cette année, "je veux examiner ce que proposent les deux côtés", républicains et démocrates, explique-t-elle à l'AFP.

Interrogée sur son opinion de M. Romney, elle répond "pas idéal". Elle aurait préféré, dit-elle, voir émerger Ron Paul, républicain atypique qui a beaucoup séduit les jeunes avec son message de moins de gouvernement et de plus de libertés individuelles.

Matthew Goo, qui comme Michelle Steele a longuement patienté par 30°C, température inhabituelle en avril au pied des montagnes Rocheuses, avant d'entrer dans le stade, avoue être surtout venu pour voir le président, même s'il avait voté en 2008 pour M. Obama. "A l'époque j'étais plus excité, surtout parce que c'était la première fois que je votais. Mais sa campagne semblait davantage porteuse d'espoir", remarque-t-il.

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Publié par Geoffrey Dirat  |