Des témoins se souviennent du chaos provoqué par l'attentat d'Oslo

CP  |  Par Publication: 24/04/2012 12:05 Mis à jour: 25/04/2012 15:13

OSLO - Après s'être exprimé pendant cinq jours, Anders Behring Breivik a écouté en silence, mardi, des témoins de l'attentat qu'il a perpétré dans la capitale norvégienne le 22 juillet dernier. Un garde chargé de la sécurité qui se trouvait dans un bâtiment gouvernemental a notamment parlé de «zone de guerre» pour décrire le chaos provoqué par l'explosion d'une camionnette piégée.

L'attentat d'Oslo et la tuerie d'Utoya ont causé la mort de 77 personnes l'été dernier en Norvège, dont huit dans la capitale. L'accusé, âgé de 33 ans, a affirmé qu'il pensait être tué avant d'arriver dans l'île d'Utoya.

Mardi, au septième jour du procès d'Anders Breivik qui se déroule dans un tribunal de la capitale norvégienne, des experts en médecine légale ont donné des détails sur les dégâts provoqués par la bombe sur quatre des huit victimes d'Oslo. «Plus de 100 morceaux de corps ont été retrouvés», a déclaré Ole Morten Stoerseth, un responsable de la police chargé d'identifier les victimes.

Le responsable des opérations de la police, Thor Langli, a raconté que les premières informations qu'il avait reçues après l'explosion d'Oslo suggéraient qu'il y avait deux suspects, et que deux autres bombes risquaient d'exploser.

Thor Langli s'est souvenu qu'il se tenait à côté du chef d'une brigade antiterroriste à Oslo quand il a reçu un appel concernant une deuxième attaque dans le camp de jeunes du Parti travailliste à Utoya, à une quarantaine de kilomètres de la capitale norvégienne.

«J'ai vu sur son visage que c'était quelque chose de grave», a confié Thor Langli. «Et alors que je le regardais, il a dit du coin de la bouche: "fusillade à Utoya".»

Thor Langli a alors pensé que l'auteur de l'attentat d'Oslo et de la fusillade d'Utoya était une seule et même personne. «J'ai pensé qu'il y avait un lien. Mais je n'avais aucune preuve de cela», a-t-il dit. En se retournant vers Anders Breivik assis dans la salle, il a ajouté: «Je ne pouvais pas imaginer qu'il puisse y avoir deux personnes avec autant d'idées folles».

La question est de savoir si Anders Breivik doit être jugé criminellement responsable de ces actes. Dans le cas contraire, il pourrait être interné dans un service psychiatrique. Deux expertises sur sa santé mentale ont abouti à des résultats contradictoires, mais lui se dit sain d'esprit.

Un garde chargé de la sécurité qui se trouvait dans un bâtiment gouvernemental endommagé par l'explosion a déclaré à la barre qu'il venait tout juste de diriger une caméra de surveillance sur la plaque d'immatriculation du véhicule suspect quand il a explosé. Tor Inge Kristoffersen a parlé de «zone de guerre» pour décrire les dégâts provoqués par l'explosion dans le centre d'Oslo.

Svein Olav Christensen, un expert en explosifs travaillant pour une agence spécialisée dans les questions de défense, a montré au tribunal des photos du lieu où l'explosion s'est produite. La bombe de 950 kilos, fabriquée à base d'engrais et de diesel, a creusé des trous dans le sol sous le véhicule.

Anders Breivik a déclaré qu'il avait été déçu en apprenant que le bâtiment gouvernemental ne s'était pas écroulé. D'après Svein Olav Christensen, il aurait fallu que la bombe soit «beaucoup plus grosse» pour que le bâtiment s'écroule.

S'il reconnaît être l'auteur de l'attentat d'Oslo et la tuerie d'Utoya, Anders Breivik a plaidé non coupable et soutient avoir agi en état de légitime défense pour mettre fin au «multiculturalisme» du gouvernement travailliste norvégien et stopper une prétendue invasion musulmane en Europe. Son procès doit durer encore neuf semaines.

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  • Ouverture du procès de Breivik

    (AFP PHOTO / POOL / Hakon Mosvold Larsen)

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    (ODD ANDERSEN / AFP)

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    (ODD ANDERSEN / AFP)

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    À l'extérieur du tribunal, une rose a été placée sur la clôture en souvenir des victimes des tueries. (ODD ANDERSEN / AFP)

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    (AFP PHOTO / POOL / Heiko Junge)

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    Anders Breivik a pleuré lors de la diffusion de sa vidéo préparée avant ses attaques. (AFP PHOTO / POOL / Heiko Junge)

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Publié par Jean-Philippe Cipriani  |