Line Beauchamp invite toutes les associations étudiantes mais demande une trêve

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LINE BEAUCHAMP AUCUNE DISCUSSION
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QUÉBEC - Les associations étudiantes ont accepté lundi une trêve de 48 heures, afin d'amorcer avec la ministre Line Beauchamp des discussions qui porteront notamment sur le gel des frais de scolarité.

Après 11 semaines de grève étudiante, l'ouverture était le maître-mot, lundi, tant du côté Mme Beauchamp que de celui des leaders étudiants.

Tant la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) que la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont accepté de renoncer à poser des gestes de désobéissance civile tels que bloquer des édifices, des routes, ou encore tenir des manifestations spontanées.

La CLASSE n'a pas formellement accepté cette contrainte, affirmant simplement que son plan actuel ne prévoyait déjà aucune action de ce genre au cours des prochaines 48 heures.

En fin de journée lundi, Mme Beauchamp a amorcé une rencontre avec des représentants des trois associations étudiantes.

Plus tôt, lors d'un point de presse, Mme Beauchamp a déclaré que le sujet des frais de scolarité, qu'elle refusait d'aborder jusqu'ici, pourra faire l'objet de discussions.

«Je ne pourrai pas leur interdire de soulever ce sujet-là, a-t-elle dit. Au moment où on se parle, le climat doit être celui d'un climat de trêve. Menons des discussions. L'idée ici n'est pas de fermer la porte, l'idée, c'est d'ouvrir la porte.»

Mme Beauchamp a cependant indiqué que le gouvernement reste ferme sur sa décision d'augmenter les frais de scolarité de 1625 $ en cinq ans. Elle a ajouté que le souhait du gouvernement est plutôt d'aborder la question sous l'angle de l'accessibilité aux études.

Malgré tout, les leaders étudiants, qui réclament le gel des frais, ont mesuré le chemin parcouru depuis 11 semaines, soulignant lors de conférences de presse que le gouvernement lâche du lest après avoir commencé par minimiser le mouvement de grève.

Le président de la FECQ Léo Bureau-Blouin a relevé le changement de ton du gouvernement, qui refusait au début du conflit de discuter de la hausse des frais de scolarité.

«On sent également le discours également s'adoucir du côté des droits de scolarité à l'université donc je pense que ce sont des pas dans la bonne direction, a-t-il dit. Je pense également que le gouvernement du Québec se rend compte qu'il doit régler cette crise qui a pris une ampleur sans précédent.»

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a affirmé que les moyens entrepris par les étudiants ainsi que la pression qui provient des administrations d'établissement, où la grève se fait sentir, ont eu un effet sur le gouvernement.

Mme Desjardins a aussi mentionné les critiques formulées envers le premier ministre Jean Charest, à la suite d'une blague visant les grévistes.

«La bourde du premier ministre a probablement ajouté aussi des munitions pour les étudiants pour avoir cette table de discussions», a-t-elle dit.

En marge d'un salon sur le Plan Nord qui avait été la cible des manifestants, M. Charest a ironisé sur la situation, associant leur présence à un intérêt pour son projet-phare de développement économique. Le premier ministre a aussi blagué en exprimant le souhait que les manifestants aillent travailler le plus loin possible dans le nord québécois.

Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a affirmé que cette blague était une erreur politique grave.

«Ç'a été interprété très mal, non seulement par les étudiants mais par toute la population», a-t-il dit.

Les leaders étudiants sont demeurés discrets sur les négociations qui s'entament, se limitant à affirmer que les trois regroupements ont une position commune.

M. Bureau-Blouin a affirmé que les étudiants sont prêts à examiner les propositions que le gouvernement pourrait formuler.

«Si on prône le gel des frais de scolarité c'est que selon nous, c'est la manière la plus abordable de garantir l'accessibilité aux études, a-t-il dit. C'est pourquoi on va continuer de mettre cette chose-là de l'avant mais si le gouvernement du Québec a une proposition encore meilleure à faire on va bien sûr l'analyser.»

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