La disparition d'un enfant de six ans en mai 1979 continue de semer le mystère

CP  |  Par Publication: 23/04/2012 18:35 Mis à jour: 25/04/2012 15:13

NEW YORK, États-Unis - Des travaux d'excavation dans le sous-sol d'une résidence de Manhattan n'ont pas permis de découvrir de restes humains ni de preuves médico-légales permettant de solutionner la disparition d'Etan Patz, un garçon âgé de 6 ans dont on a perdu la trace alors qu'il marchait en direction d'un arrêt d'autobus, il y a 33 ans.

Les enquêteurs du FBI et de la police locale ont terminé une enquête qui s'est échelonnée pendant quatre jours, lancée après que des chiens renifleurs eurent détecté ce qui semblaient être des restes humains.

Le sous-sol, qui a déjà servi d'atelier à un bricoleur, se trouve au bout de la rue où vivent toujours les parents d'Etan, et le long de l'itinéraire que le garçon aurait emprunté pour se rendre à l'arrêt d'autobus en question, le 25 mai 1979.

Tout en confirmant qu'aucun reste humain n'avait été retrouvé, Paul Browne, porte-parole du Service de police de la ville de New York, a annoncé que cette affaire était toujours traitée comme une disparition.

Peter J. Donald, porte-parole du FBI, a indiqué que les agents avaient complété le volet de l'enquête à l'intérieur du sous-sol. Le bureau du procureur du district de Manhattan, qui avait annoncé, en 2010, son intention de rouvrir le dossier, n'a émis aucun commentaire.

Des responsables ont transporté d'imposants conteneurs en acier, remplis de ruines et de résidus boueux issus du plancher de béton, vers un site d'enfouissement sanitaire de Staten Island, où ils seront préservés. Bien que les recherches aient été interrompues, une partie du matériel recueilli fait toujours l'objet d'examens.

Des enquêteurs ont découvert une tache sur une partie d'un mur, mais des tests qui y ont été effectués n'ont pas permis de découvrir des traces de sang, selon deux responsables de l'application de la loi qui se sont confiés à l'Associated Press sous le couvert de l'anonymat parce que les recherches n'étaient alors pas terminées.

Des responsables du FBI ont acheminé la partie du mur à un laboratoire de Quantico, en Virginie, pour y mener des tests plus approfondis. Les enquêteurs ont également découvert des poils, bien qu'ils ignoraient s'ils étaient d'origine humaine. Un responsable a confirmé que ces poils feront aussi l'objet de tests.

La disparition d'Etan en 1979 a été le coup d'envoi d'imposantes recherches qui continuent aujourd'hui, à des fréquences plus ou moins régulières.

Ce drame a aussi accru le sentiment d'anxiété lié aux enfants laissés sans protection et mené à la naissance d'un mouvement national visant à publiciser les disparitions d'enfants. Etan, un garçon aux cheveux blonds-roux, aux yeux bleus et au sourire radieux, a été l'un des premiers enfants disparus dont le visage a été apposé sur une pinte de lait.

Ses parents, Stan et Julie Patz, hésitaient à déménager ou même modifier leur numéro de téléphone, au cas où leur fils aurait tenté de les contacter. Ils demeurent dans le même logis.

Le couple a dû endurer des décennies de fausses pistes et un manque de preuves formelles. L'homme et la femme ont été informés des plus récents développements, mais n'ont émis aucun commentaire, lundi, une attitude qu'ils ont adoptée depuis la reprise des recherches la semaine dernière.

L'enquête a longtemps tourné autour de Jose Ramos, reconnu coupable d'avoir agressé un enfant et emprisonné en Pennsylvanie, qui fréquentait la gardienne d'Etan au moment de sa disparition. En 2000, les autorités ont réalisé des fouilles dans le sous-sol d'une ancienne résidence de Ramos, dans le Lower East Side de Manhattan, en vain.

En 2001, Stan Patz a déclaré son fils légalement mort, afin d'intenter une poursuite judiciaire contre Ramos. Ce dernier n'a jamais été formellement accusé en cour criminelle et nie avoir attaqué le garçon. En 2004, un juge d'un tribunal civil l'a déclaré responsable de sa mort.

Mais récemment, l'attention s'est tournée vers Othniel Miller, maintenant âgé de 75 ans et vivant à Brooklyn. En 1979, M. Miller était un bricoleur qui utilisait son sous-sol du 127B de la rue Prince comme atelier de travail. L'homme, décrit comme un voisin omniprésent, a été interrogé peu de temps après la disparition du garçon. Les enquêteurs avaient alors noté que le plancher du sous-sol avait été entièrement refait. Ils y avaient mené des recherches mais sans jamais creuser.

À l'époque, M. Miller a produit un alibi aux enquêteurs, mais les autorités ont décidé de jeter un nouveau regard sur ce témoignage après avoir interrogé, récemment, son ancienne épouse, a expliqué un responsable. Des enquêteurs ont discuté avec M. Miller la semaine dernière et décidé d'examiner le sous-sol plus en profondeur, a-t-il ajouté.

M. Miller n'est toujours pas considéré comme un suspect.

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