Line Beauchamp demande une trêve aux étudiants

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LINE BEAUCHAMP
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MONTRÉAL - Au moment où des membres d'associations étudiantes regroupées au sein de la Coalition de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) étaient toujours réunis en congrès, tard dimanche soir, le bureau de la ministre de l'Éducation du Québec a confirmé qu'une rencontre de discussion aurait lieu avec la Fédération étudiante universitaire du Québec (FÉUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FÉCQ), et ce dès lundi.

La nouvelle a été annoncée dans un communiqué de presse émis vers 23 h dimanche soir. Le même communiqué précise que le lieu et l'heure de la rencontre ne seront pas dévoilés, dans le but «d'assurer un climat propice aux échanges constructifs et respectueux envers toutes les parties impliquées».

L'invitation de la ministre de l'Education Line Beauchamp, la semaine dernière, excluait la CLASSE, à moins que cette association ne condamne formellement les actes de violence commis lors des jours précédant cette annonce. Or, le communiqué du ministère indique que le gouvernement tient à prendre connaissance de l'ensemble des résolutions adoptées dimanche afin de «vérifier si la CLASSE s'est exclue d'elle-même des discussions».

La FEUQ a réagi en émettant à son tour un communiqué de presse peu avant 1 h, lundi, où elle dit tenir à rappeler à Mme Beauchamp qu'elle maintient ses exigences, soit d'avoir la CLASSE à la table de discussion et que l'enjeu des frais de scolarité y soit abordé.

«Ce soir, nous avons envoyé une lettre proposant à la CLASSE deux places au sein de la délégation de la FEUQ. Elles seront autour de la table, que Mme Beauchamp le veuille ou non. Et je vous garantis que nous allons parler de cette hausse inéquitable et injuste de 1625 $ des frais de scolarité», rappelle Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.»

Quelques heures avant cette succession de communiqués, la CLASSE avait adopté une première résolution, dimanche, concernant les actes de violence survenus dans le cadre du conflit étudiant à propos des droits de scolarité, et pris position contre les gestes commis autant «par les étudiants que par d'autres personnes».

Dans un communiqué de presse, le mouvement étudiant avait d'abord rappelé qu'il désirait lutter avec la population et non contre elle.

«Depuis quelques semaines, des actions inacceptables ont été posées, que ce soit par des étudiants et des étudiantes ou par d'autres personnes. Il est inadmissible que l'intégrité physique de citoyens et de citoyennes soit mise en danger, notamment ceux et celles qui se rendent au travail», ont déclaré les porte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds et Gabriel Nadeau-Dubois, citant notamment les cas où les transports collectifs et les automobilistes ont été directement pris pour cible.

Dans son communiqué, la CLASSE a aussi rappelé qu'en tant qu'organisation démocratique, elle s'opposait à toute intimidation ou tout rapport de domination sur les individus lors des débats politiques.

Aux petites heures de la nuit, la CLASSE a fait savoir qu'elle réagirait à la tournure des événements lundi matin, à l'occasion d'une conférence de presse.

Toujours dimanche, au terme de son assemblée générale annuelle, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) avait annoncé qu'elle exigeait la présence de CLASSE aux négociations avec la ministre Beauchamp. La CLASSE devait cependant accepter de dénoncer fermement les actes de violence, une condition mise de l'avant par la FECQ.

La FECQ et la FEUQ ont déjà condamné toutes formes de violence, demandant toutefois au gouvernement de faire de même envers les abus policiers.

Jusqu'à présent, la FECQ et la FEUQ avaient toujours affirmé qu'elles exigeaient que la CLASSE soit présente avant de rencontrer la ministre. Il s'agit donc d'un revirement pour la FECQ.

Le président, Léo Bureau-Blouin, a précisé que la fédération souhaitait voir la CLASSE participer aux négociations, mais qu'elle pourrait envisager de participer à des discussions sans elle si cette association refuse de se plier à l'exigence de la ministre.

Il a toutefois ajouté qu'il serait «plus simple» que la CLASSE, reconnue comme plus radicale que les fédérations, accepte de dénoncer la violence.

La rencontre prévue lundi aura lieu exactement huit jours après que la ministre ait formellement invité les associations étudiantes à un tel rendez-vous. Mme Beauchamp s'est contentée d'un bref commentaire, dimanche soir, disant «constater, enfin, leur volonté d'établir un dialogue constructif afin de trouver des solutions pour régler cette situation».

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