Les Français nombreux à voter au premier tour de la présidentielle

AFP  |  Publication: 22/04/2012 09:31 Mis à jour: 22/04/2012 09:38

Premier Tour Presidentielle
Une dame s'apprête à aller voter, à Lyon, en France, le 22 avril 2012.

PARIS, 22 avr 2012 (AFP) - Les Français ont commencé à voter nombreux dimanche au premier tour de la présidentielle qui devrait déboucher sur un duel final le 6 mai entre le sortant Nicolas Sarkozy et le socialiste François Hollande, grand favori d'une élection dominée par la crise.

Le taux de participation atteignait 28,29% à 12H00 (10H00 GMT). Ce chiffre est le deuxième meilleur taux de participation au premier tour d'une présidentielle depuis 1981, même s'il est en recul par rapport à 2007 (31,21%) où la mobilisation avait été exceptionnelle.

Les derniers bureaux de vote fermeront à Paris et dans les grandes métropoles à 20H00 (18h00 GMT), heure à laquelle seront diffusées les estimations de résultat des instituts de sondage, sauf si un media s'avise de braver la loi qui interdit toute diffusion plus tôt.

Environ 44,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour sélectionner les deux finalistes parmi les dix candidats en lice.

Dans deux semaines, le 6 mai, ils choisiront celui qui sera à la tête pendant 5 ans d'une des principales puissances mondiales, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, avec un pouvoir personnel ayant peu d'équivalent dans le monde démocratique.

Donné depuis des mois largement vainqueur au second tour, avec 55% des voix en moyenne, François Hollande, 57 ans, aborde en position de force l'élection pour devenir le premier président de gauche depuis François Mitterrand (1981-1995).

Les derniers sondages lui conféraient au premier tour une légère avance sur Nicolas Sarkozy à 28% contre 26%. L'absence d'un des deux au second tour paraissait exclue, la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen, étant donnée loin derrière, entre 14 et 17%.

Elle devrait disputer la troisième place au tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, révélation de la campagne, le centriste François Bayrou semblant distancé à 11%.

Hollande à Tulle, Sarkozy à Paris

Les candidats sont tous passés dans l'isoloir dans la matinée, le dernier étant Nicolas Sarkozy peu avant midi qui a voté à Paris en compagnie de sa femme, Carla Bruni-Sarkozy, sans faire de déclarations.


Nicolas Sarkozy, dernier candidat à avoir voté... par BFMTV

François Hollande a voté dans son fief de Tulle (centre). "Choisir le prochain président n'est pas qu'une élection nationale, c'est une élection qui va peser sur le cours de l'Europe", a déclaré le socialiste, qui entend renégocier le traité budgétaire signé début mars s'il est élu.


Le candidat socialiste François Hollande a voté... par BFMTV

"Une bonne chose de faite !", s'est réjouie Marine Le Pen à Hénin-Baumont (nord) où elle sera candidate aux législatives en juin.

Pour Jean-Luc Mélenchon, "c'est le moment suprême de la religion républicaine". "Les problèmes que j'ai posés le long de la campagne seront au centre de la réflexion des Français", a espéré de son côté François Bayrou qui a axé sa campagne sur la réindustrialisation.

La crise a en effet plané sur la campagne, à travers l'explosion des déficits, du taux de chômage (plus de 10%), les thématiques du protectionnisme européen ou de la justice fiscale.

Les électeurs, interrogés par l'AFP à Paris, se faisaient peu d'illusions sur les marges de manoeuvre dont bénéficiera le prochain président.

"Je n'ai jamais manqué aucune élection. Mais cette fois, je ressens peu d'enthousiasme. Sur le plan économique, il y a peu de différence entre les deux candidats", relevait ainsi Isabelle Provost, une électrice de 62 ans, dans le 10e arrondissement de Paris.

C'est dans ce contexte que, porté par son succès lors de la primaire de son parti à l'automne, François Hollande a tracé son sillon méthodiquement, sans soulever les foules mais en restant constant sur ses priorités, l'emploi des jeunes et la croissance.

L'ancien patron du Parti socialiste (1997-2008) a réussi à faire oublier son absence d'expérience gouvernementale et à transformer l'élection en un référendum contre le quinquennat de "l'hyperprésident".

Nicolas Sarkozy, plombé par des records d'impopularité depuis de longs mois, a tenté tant bien que mal de se dégager de son bilan intérieur et de son image de "président des riches" en se livrant à plusieurs mea culpa.

Après avoir cru que les Français lui seraient reconnaissants de son action au niveau européen face à la crise de la dette, il a changé de stratégie pour mener une campagne agressive, à droite toute, axée sur les valeurs, la sécurité et l'immmigration.

Sa remontée dans les sondages dans la foulée des tueries de Toulouse et Montauban (sud-ouest), qui ont "représidentialisé" son image, s'est cependant enrayée net lors des dernières semaines.

Pour sa première campagne à la tête du Front national après avoir succédé à son père, Marine Le Pen, 43 ans, a résisté à la tentative de Nicolas Sarkozy de faire une OPA sur ses électeurs, comme lors de l'élection de 2007.

Avec ses meetings géants, Jean-Luc Mélenchon, 60 ans, a éclipsé les deux candidats d'extrême gauche, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, cantonnés à 1%. Tout comme l'écologiste Eva Joly, qui à 3%, n'a pas su imposer l'environnement dans la campagne.

Les deux derniers candidats, le souverainiste de droite Nicolas Dupont-Aignan et le folklorique Jacques Cheminade, qui veut coloniser Mars, sont donnés à 2% et 0,5%.

Regardez les images du vote des candidats:
François Bayrou
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PLEIN ÉCRAN
ZOOM
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Publié par Myriam Lefebvre  |