France: Hollande gagne le 1er tour, en bonne position pour devenir président

AFP  |  Publication: 22/04/2012 13:27 Mis à jour: 23/04/2012 12:32

Francois Hollande Premier Tour
François Hollande remporte le premier tour des présidentielles en France, le 22 avril 2012. (AFP)

PARIS, 22 avr 2012 (AFP) - Le socialiste François Hollande a remporté dimanche le premier tour de l'élection présidentielle en France et apparaît en situation favorable pour chasser Nicolas Sarkozy du pouvoir, à l'issue d'un scrutin marqué par un score historique pour l'extrême droite.

Les deux hommes s'affronteront le 6 mai lors d'un second tour décisif, mais le socialiste semble pouvoir compter sur des reports de voix de la gauche radicale et des écologistes, alors que les réserves de voix du président sortant sont plus minces.

"Je suis confiant", a déclaré François Hollande, qui s'est dit "candidat du rassemblement" et "le mieux placé pour devenir le prochain président de la République". "Jamais le Front national n'avait atteint un tel niveau", a-t-il aussi reconnu. "C'est un nouveau signal qui appelle à mes yeux un sursaut".

COMMENTAIRE DE ANNE SINCLAIR:

Selon des estimations sur bulletins de vote publiées par les chaînes de télévision, le candidat socialiste a obtenu entre 28,3% et 29% des voix devant Nicolas Sarkozy (25,8% à 27%), qui perd son pari de remporter le premier tour afin d'enclencher une nouvelle dynamique d'ici au second tour.

La candidate de l'extrême droite Marine Le Pen se classe troisième, avec de 18,2% à 19,6%, selon ces estimations, suivie par le représentant de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (10,8 à 11,7) et le centriste François Bayrou (8,5% à 9,1%).

Regardez les images du vote des candidats:

"La bataille de France ne fait que commencer" et "rien ne sera plus jamais comme avant", a souligné Marine Le Pen, en jugeant avoir fait "trembler le système". Selon son entourage, elle se prononcera le 1er mai sur sa position avant le deuxième tour.

Son score est le plus élevé jamais réalisé par sa famille politique dans une présidentielle et pourrait lui permettre de peser davantage sur le second tour et dans la politique ces prochaines années. Elle ne réédite cependant pas l'exploit de son père, Jean-Marie Le Pen, parvenu au second tour en 2002.

Jean-Luc Mélenchon recueille les fruits d'une campagne très réussie, même si son score peut être considéré comme décevant au regard des sondages d'avant l'élection. Il est très loin de la troisième place qu'il lorgnait. Il a immédiatement appelé à faire battre le président sortant. "Notre peuple paraît bien déterminé à tourner la page des années Nicolas Sarkozy", a-t-il estimé.

François Bayrou, chantre du désendettement et de la réindustrialisation de la France, doit se contenter d'un score inférieur à 10%, loin de ses 18,57% de 2007. "Ce n'est pas le score que nous espérions", a-t-il reconnu, en indiquant qu'il allait s'adresser aux deux candidats en tête et se déterminer pour le deuxième tour en fonction de leurs réponses.

Derrière les deux grands candidats et les trois outsiders, l'écologiste Eva Joly (2 à 2,3%) a appelé "à tout faire" pour sortir "du sarkozysme en se rassemblant derrière François Hollande". Ce dernier a remercié Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon d'avoir appelé à voter pour lui au deuxième tour "sans négociations".

L'écologiste comme les deux candidats trotskystes, Nathalie Arthaud (0,6%) et Philippe Poutou (1,2%), le souverainiste de droite Nicolas Dupont-Aignan (1,7%) et l'inclassable et folklorique Jacques Cheminade (0,2%) ont fait de la figuration.

Le résultat de l'extrême droite est d'autant plus significatif que les Français ont voté plus nombreux qu'attendu au premier tour de ce scrutin dominé par la crise économique. Le taux de participation a atteint plus de 80%, selon les estimations des instituts de sondages, un taux assez élevé et "rare", selon le terme de François Hollande. Il est toutefois en recul par rapport à 2007 (83,77%), un cru exceptionnel.

Ces chiffres dissipent l'inquiétude d'une grosse abstention à l'issue d'une campagne qui, selon différentes enquêtes, a peu passionné les Français qui n'y ont pas vu beaucoup de solutions à leurs difficultés.

Environ 44,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour sélectionner les deux finalistes parmi dix candidats en lice.

Dans deux semaines, ils choisiront celui qui sera à la tête pendant 5 ans d'une des principales économies mondiales, puissance nucléaire et membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, avec un pouvoir personnel ayant peu d'équivalent dans le monde démocratique.

Donné depuis des mois largement vainqueur au second tour par les sondages, avec 55% des voix en moyenne, François Hollande, 57 ans, aborde en position de force le deuxième tour pour devenir le premier président de gauche depuis François Mitterrand (1981-1995). Dépourvu d'expérience ministérielle, il a fait de la sobriété une marque de fabrique, disant vouloir incarner une présidence "normale".

La crise en zone euro a plané sur la campagne, à travers l'explosion des déficits, du taux de chômage (plus de 10%), les thématiques du protectionnisme européen ou de la justice fiscale.

C'est dans ce contexte que François Hollande a tracé son sillon méthodiquement, sans soulever les foules mais en restant constant sur ses priorités, l'emploi des jeunes et la croissance.

L'ancien patron du Parti socialiste (1997-2008) a réussi à transformer l'élection en un référendum contre le quinquennat de "l'hyperprésident".

Nicolas Sarkozy, plombé par des records d'impopularité depuis de longs mois, a tenté tant bien que mal de se dégager de son bilan intérieur et de son image de "président des riches" en se livrant à plusieurs mea culpa.

Après avoir cru que les Français lui seraient reconnaissants de son action au niveau européen face à la crise de la dette, il avait changé de stratégie pour mener une campagne agressive, à droite toute, axée sur la sécurité et l'immigration.

Sa remontée dans les sondages au moment des tueries de Toulouse et Montauban (sud-ouest), qui ont "représidentialisé" son image, s'est cependant enrayée net lors des dernières semaines.



Le candidat socialiste François Hollande a voté... par BFMTV


Nicolas Sarkozy, dernier candidat à avoir voté... par BFMTV

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Publié par Myriam Lefebvre  |