Opération Gravier: le maire de Mascouche arrêté

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(Radio-Canada.ca) - La SQ interroge toujours le maire de Mascouche, Richard Marcotte

Les autorités l'attendaient de pied ferme à son retour de vacances à Cuba. Appréhendé peu après minuit, le maire a été emmené au poste de police, où il est interrogé depuis par les agents du Service des enquêtes sur la corruption de la Sûreté du Québec.

Sa femme a elle aussi subi un interrogatoire, mais aucune accusation n'a été déposée contre elle.

Cette arrestation survient dans le cadre de l'opération Gravier, qui a conduit au démantèlement d'un réseau de partage de contrats municipaux à la Ville de Mascouche.

Mardi, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a arrêté 14 personnes dans cette affaire. Les entrepreneurs Tony Accurso et Normand Trudel figurent parmi les personnes arrêtées lors de ce coup de filet. Tous les accusés ont été relâchés et comparaîtront le 19 juin prochain au palais de justice de Joliette.

Le maire de Mascouche était la quinzième personne visée par les mandats d'arrestation. Un total de 47 chefs ont été déposés contre les accusés, dont fraude, fraude envers le gouvernement, abus de confiance, trafic d'influence, actes de corruption, complot et utilisation de documents contrefaits.

Série de révélations troublantes

En novembre 2010, le maire Marcotte avait fait l'objet d'allégations de conflits d'intérêts, après que l'émission Enquête eut révélé qu'il avait obtenu des avantages personnels auprès de l'entrepreneur Normand Trudel.

Transport et Excavation Mascouche, qui a obtenu des contrats municipaux d'une valeur de près de 40 millions de dollars en 2008 et 2009, aurait réalisé gratuitement des travaux de plusieurs milliers de dollars à la résidence personnelle du maire Marcotte, et aurait posé pour lui des pancartes électorales lors de sa campagne.

Un autre entrepreneur, Jean-Guy Ouellet, avait affirmé que le maire Marcotte « lui avait laissé sous-entendre que, pour travailler à Mascouche, on devrait participer au financement du parti politique », et lui avait même demandé de lui fournir « une maison gratuitement ».

Quelques semaines plus tard, une enquête du journal La Presse avait révélé que Transport & Excavation Mascouche avait reçu plus de 400 000 $ pour déneiger les 617 bornes d'incendie de la ville, ce qui revient à 650 $ l'unité. Ailleurs au Québec, ces déneigements s'effectuent selon un tarif variant entre 45 $ et 85 $ de l'heure.

Le maire Marcotte siège comme indépendant depuis qu'il a été expulsé des rangs de son parti, quelques jours après les premiers reportages d'Enquête. Une coalition de citoyens a aussi écrit au ministre des Affaires municipales pour exiger qu'il soit destitué, mais en vain.

Le maire Marcotte a toujours nié avoir mal agi et est demeuré en place, malgré une grogne populaire qui est demeurée palpable lors des séances publiques du conseil municipal de Mascouche.

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