Les clients d'un hôtel de Québec auraient été épiés par un agent de la SQ

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QUEBEC - La Sûreté du Québec (SQ) mène une enquête au sujet d'un de ses agents qui aurait utilisé une caméra de surveillance de l'Assemblée nationale pour se rincer l'oeil à travers les fenêtres d'un hôtel voisin.

Selon les allégations d'un ex-employé de l'Assemblée nationale, rapportées plus tôt cette semaine par le quotidien Le Soleil, le policier voyeur se serait servi d'une caméra juchée sur le Parlement pour observer les ébats et autres activités intimes de clients de l'hôtel Hilton, situé tout près.

La manipulation illicite de la caméra de surveillance provenait du poste de contrôle de la SQ, a raconté l'ancien employé, qui travaillait comme gardien à l'Assemblée nationale pendant la dernière année. Son contrat n'a pas été reconduit.

D'après son témoignage, corroboré par deux anciens collègues, la caméra 81 du Parlement aurait été braquée sur les fenêtres éclairées de l'hôtel Hilton «à plusieurs occasions» pendant les quarts de nuit. Des activités généralement pratiquées dans la plus stricte intimité auraient alors été observées.

Au Canada, le voyeurisme — observer une personne à son insu alors qu'elle se dévêt ou se livre à des activités sexuelles — est un crime passible d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans.

Comme les allégations visent l'un de ses membres, la Sûreté du Québec a demandé à son service des affaires internes de la direction des normes professionnelles de faire enquête.

«La sécurité du Parlement est assurée en grande partie par la Sûreté du Québec et les allégations concernent un membre de la SQ. Nous avons ouvert une enquête hier (jeudi) et nous en sommes encore à l'étape des vérifications», a confirmé, peu loquace, le porte-parole de la SQ, Richard Gagné, vendredi.

L'affaire est embarrassante pour l'Assemblée nationale, qui a promis de collaborer pleinement avec la Sûreté du Québec pour tirer cette histoire au clair.

«On a jugé les allégations assez sérieuses pour demander à la Sûreté du Québec de faire enquête sur la mauvaise utilisation présumée de la caméra. Quant à la personne en cause, on ne sait pas c'est qui. Je n'ai pas de nom. C'est pour ça qu'il y a une enquête», a dit le conseiller en communication à l'Assemblée nationale, Jean-Philippe Laprise.

Entre temps, des mesures ont été prises pour restreindre le champ visuel de la caméra de surveillance en question de façon à ce que les chambres de l'hôtel soient hors de portée.

Le directeur de l'établissement hôtelier, Dany Thibault, s'est dit satisfait des assurances que lui ont données les responsables de la sécurité de l'Assemblée nationale.

«Ils ont pris des procédures pour empêcher que le Hilton soit espionné par les caméras. Et d'après ce que je comprends, c'est probablement un incident isolé. Que voulez-vous que je fasse de plus, je ne peux pas déplacer l'hôtel, je peux juste dire à nos clients que je suis désolé, que c'est hors de notre contrôle», a déclaré M. Thibault, manifestement agacé par l'intérêt des médias pour cette affaire.

«Nous, ce qu'on dit, c'est que la sécurité et l'intimité de nos clients sont pour nous une priorité. Pour le reste, je ne veux pas en ajouter, il faut arrêter ça, parlons d'autres choses», a-t-il lancé.

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