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Marine Le Pen défend sa lutte contre «l'islamisation de la France»

18/04/2012 06:42 EDT | Actualisé 18/06/2012 05:12 EDT

NANTERRE, France - La candidate de l'extrême droite à l'élection présidentielle française, Marine Le Pen, a affirmé mercredi qu'il n'y avait pas de honte à combattre ce qu'elle qualifie d'islamisation de la France, tout en assurant qu'une telle politique n'engendrerait pas d'actes extrêmes comme la tuerie perpétrée en Norvège par l'extrémiste Anders Behring Breivik.

Marine Le Pen affirme que l'islam se répand en France et que le combat contre sa propagation ne doit pas cesser par crainte de provoquer des extrémistes.

«Combattre le fondamentalisme islamique est-il répréhensible? Combattre la loi islamique est-il répréhensible?» a lancé Marine Le Pen lors d'une entrevue avec l'Associated Press. «J'en prends la responsabilité.»

Comme preuve de la menace islamiste qui pèse sur la France, elle a cité le cas de Mohamed Merah, un jeune Français d'origine algérienne qui a tué sept personnes à Toulouse et à Montauban le mois dernier — trois parachutistes, un rabbin et trois écoliers juifs —, avant d'être abattu par la police après un long siège de son appartement.

Après les tueries dans la région de Toulouse, le président Nicolas Sarkozy a ordonné une rafle dans les réseaux islamistes. Des membres d'un groupe islamiste interdit ont été arrêtés et plusieurs islamistes radicaux, dont des imams, ont été expulsés du territoire français.

Marine Le Pen, âgée de 43 ans, qui arrive troisième dans les sondages sur les intentions de vote — derrière le socialiste François Hollande et le président sortant Nicolas Sarkozy — , assure que le Front national est un parti populiste, pas extrémiste.

Elle se présente comme la candidate «antisystème» qui tente de protéger la souveraineté de la France et l'identité nationale en faisant sortir la France de la zone euro, en diminuant considérablement l'immigration et en déclarant la guerre à ce qu'elle considère être l'islamisation de la France.

Nicolas Sarkozy, qui a banni le voile islamique intégral en France, a repris des thèmes chers à Marine Le Pen bien avant l'affaire Merah, avec des propos durs contre l'immigration et l'islamisme radical dans une tentative de séduire les électeurs traditionnels du Front national, ce qu'il avait réussi en 2007.

Dans une entrevue mercredi sur BFM-TV, M. Sarkozy a directement fait référence à Marine Le Pen en affirmant: «Le vote pour Marine Le Pen sert qui? François Hollande.»

Marine Le Pen pense que la course est terminée pour le président sortant. «Nicolas Sarkozy a perdu. Il ne sera pas réélu.»

Marine Le Pen a repris le flambeau du parti fondé par son père, Jean-Marie Le Pen, qui est passé au deuxième tour de l'élection présidentielle en 2002. Il affrontait alors le président de l'époque, Jacques Chirac. Le Front national a finalement été défait par une rare alliance entre la gauche et la droite. En 2007, le parti n'a pas réussi à se qualifier pour le second tour.

La présidente du Front national a prédit une possible «surprise» lors du premier tour de dimanche. Elle estime que les opinions exprimées par son parti sont beaucoup plus répandues que ne le suggèrent les sondages et souligne que les précédents sondages n'avaient pas prédit l'avance de son père en 2002.

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