Du «bling-bling» au régime, l'image définit la campagne présidentielle française (VIDÉO)

Publication: 17/04/2012 19:10 Mis à jour: 20/04/2012 10:57

PARIS - Peut-on juger un livre par sa couverture? Les candidats à l'élection présidentielle française pensent probablement que oui et tentent plus que jamais de faire passer leur message à travers leur image.

Alors que les électeurs français sont surtout préoccupés par le chômage et les problèmes économiques, le président sortant, Nicolas Sarkozy, a changé son style «bling-bling» pour celui d'un homme plus humble et discret, à l'écoute des besoins de ses concitoyens.

À l'inverse, le socialiste François Hollande, qui arrive en tête des sondages pour le premier tour de dimanche, a vu sa popularité augmenter en flèche quand il s'est mis au régime, a modernisé ses lunettes et a troqué ses complets informes pour des costumes plus sombres et mieux coupés.

L'image est importante en politique, et c'est le cas presque partout dans le monde. Mais adopter la bonne image est particulièrement important en France, haut lieu du luxe, du bon goût et des nouvelles tendances.

Avec l'apparition des téléphones intelligents et des réseaux sociaux comme Twitter, les candidats sont scrutés en tout temps, sous toutes leurs coutures. Les observateurs estiment qu'en 2012, maintenir une bonne image présidentielle est plus difficile, mais encore plus essentiel.

François Hollande, qui a déjà été décrit comme une guimauve indécise par des humoristes, a bien résumé la situation dans son autobiographie publiée en février.

«On dit que le style fait l'homme. Le style fait aussi le président.»

«Les gens sont incroyablement critiques et exigeants envers l'image des politiciens. (...) Vous ne devez pas être trop fade, tandis qu'être trop voyant est considéré comme vulgaire», explique la journaliste Rebecca Voigt, qui écrit sur la mode à Paris.

Au fil de sa campagne, Nicolas Sarkozy a tenté de se distancer de la perception voulant qu'il courtise les riches, dans un pays où la richesse se doit d'être discrète.

Il y a cinq ans, le soir de sa victoire électorale, M. Sarkozy avait dîné au Fouquet's, un restaurant huppé de Paris, puis avait pris des vacances sur le yacht d'un milliardaire français.

Cette année, Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il serait «un président différent». Il a permis à ses partisans de s'approcher de lui lors des rassemblements et a changé sa manière de s'habiller.

Diane-Monique Adjanonhoun, spécialiste du marketing politique, souligne que M. Sarkozy porte souvent des vêtements de couleur bleue. Selon elle, c'est intentionnel, parce que cette couleur laisse penser aux gens qu'il est plus ouvert.

Des images montrant M. Sarkozy enlever sa montre en or coûteuse avant le grand rassemblement de dimanche dernier à Paris circulent sur le Web. Des médias se sont demandé s'il avait eu peur de se la faire voler, ou s'il avait voulu éviter de rappeler sa période «bling-bling».

Dans le camp socialiste, plusieurs craignaient que François Hollande ne soit pas considéré comme un «présidentiable». Mais c'était avant qu'il se mette au régime et perde 15 kilos en réduisant sa consommation de vin, de fromage et de chocolat. Il est maintenant assez mince pour porter des vestons à la mode, bien coupés.

«C'était peut-être inconscient, mais les Français voyaient son visage rond et ne pensaient pas à un leader», explique Mme Adjanonhoun. «Il s'habillait comme s'il venait de la campagne, avec des tissus de mauvaise qualité. Maintenant, il a complètement changé.»

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Publié par Geoffrey Dirat  |