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Québec: une prescription sur neuf déroge aux directives de l'étiquette

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Une prescription écrite sur neuf au Québec concerne un médicament utilisé à mauvais escient | Getty

TORONTO - Une prescription écrite sur neuf au Québec concerne un médicament qui n'est pas utilisé en fonction des effets pour lesquelles sa mise en marché avait été autorisée.

Cette pratique de dérogation des directives de l'étiquette, aussi appelée «l'utilisation non indiquée sur l'étiquette», est courante mais difficile à chiffrer.

Des chercheurs de l'Université McGill se sont penchés sur le phénomène en analysant une base de données de plus d'un quart de million de prescriptions écrites pour 51 000 patients.

Ils soutiennent que sur les prescriptions écrites par 113 médecins, entre 2005 et 2009, 11 pour cent étaient des cas d'utilisation non indiquée sur l'étiquette. Dans près de 80 pour cent des cas, il n'y avait pas de preuves solides laissant croire que le médicament fonctionnerait pour le problème de santé dont souffrait le patient.

L'étude est publiée dans la revue Archives of Internal Medicine. Les chercheurs, dirigés par le Dr Tewodros Eguale, ont découvert que les médicaments pour le système nerveux central constituaient la catégorie de médicaments la plus souvent concernée par cette pratique.

Les personnes souffrant de douleur neuropathique se font pratiquement toujours prescrire de la gabapentine, un médicament contre les crises convulsives, a expliqué le Dr Eguale. Le sulfate de quinine contre la malaria est quant à lui souvent prescrit pour des douleurs nocturnes aux jambes, bien que rien ne prouve que le médicament puisse traiter cette condition, a-t-il poursuivi.

Le Dr Muhammad Mamdani, pharmacien et directeur du Centre de recherches appliquées sur la santé à l'institut du savoir Li Ka Shing, à l'hôpital torontois St. Michael, a affirmé qu'à son avis, le ratio de un pour neuf était une donnée conservatrice.

«L'utilisation non indiquée sur l'étiquette peut causer du tort, mais cela peut aussi aider le patient dans certains cas — nous l'ignorons tout simplement puisqu'il n'y a pas assez de preuves», a-t-il indiqué.

«Il est souvent difficile pour nous de dire si le recours à un médicament en dérogeant à son étiquette pourra ou non aider le patient. D'un point de vue conservateur, je pense que la plupart des gens prendront pour acquis qu'une telle pratique causera du tort au patient.»

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