France: Sarkozy et Hollande s'affrontent à distance dans les rues de Paris

AFPQC  |  Publication: 15/04/2012 16:20 Mis à jour: 15/04/2012 16:34

PARIS, 15 avr 2012 (AFP) - "Envie que la France passe à gauche" avec François Hollande pour mettre fin aux privilèges contre "chaos total" si Nicolas Sarkozy n'est pas réélu: les rassemblements géants organisés dimanche à Paris ont souligné les divisions du pays, à sept jours de la présidentielle.

Drapeaux tricolores, références historiques, appels à la mobilisation: le président Nicolas Sarkozy, candidat de la droite, et le socialiste François Hollande ont lancé leurs dernières forces dans la bataille pour l'élection du 22 avril et du 6 mai, devant des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris.

En dépit d'un vent glacial, les organisateurs des deux méga-meetings ont chacun revendiqué la présence de plus de 100.000 personnes, une estimation jugée surestimée selon les journalistes présents sur place. Des deux côtés, on a crié "on a gagné" avant de chanter "La Marseillaise".

"J'ai tellement envie que la France passe à gauche... J'ai envie que ça change, que cela ne soit plus Sarkozy avec ses cadeaux aux privilégiés, sa présidence qui a vu un accroissement des inégalités", a témoigné Marion Le Nestour, 30 ans, professeur.

Elle attendait que François Hollande s'exprime sur l'esplanade du château de Vincennes, en périphérie sud-est de Paris. Derrière elle, le groupe de musique zouk antillais Kassav "chauffe" le public, venu pour un rassemblement "festif" autour du candidat socialiste, favori des sondages.

"Je suis de droite à l'origine, j'ai voté Chirac en 2002 mais la droite a évolué de façon exécrable avec Sarkozy, vers l'extrême droite. On attend du changement, une politique plus honnête, qui donne la priorité aux gens", explique Corinne Marchand, 52 ans.

"François Hollande a évolué de façon positive, il a acquis une posture présidentielle, il connaît bien ses sujets. Sur le plan économique, il promet beaucoup, ce qu'il fera c'est autre chose", poursuit-elle, alors que les organisateurs font applaudir au micro les acquis des précédents gouvernements de gauche et qu'un immense drapeau bleu-blanc-rouge traverse le public.

Quelques kilomètres plus à l'ouest, Nicolas Sarkozy avait convié ses partisans place de la Concorde, là même où il avait fêté sa victoire en 2007.

Là, pas de musique, mais face à la tribune présidentielle adossée au Jardin des Tuileries, juste en face de l'obélisque et de l'avenue des Champs-Elysées, une nuée de drapeaux tricolores. Les grandes figures de la droite, le Premier ministre François Fillon et le chef de la diplomatie Alain Juppé, sont présentes.

Tee-shirt "Les jeunes avec Sarkozy" et bonnet de laine, Michèle Chambron, 42 ans, est venue de l'Essonne, au sud de Paris.

"Ceux qui ne votent pas pour Nicolas Sarkozy sont dans l'erreur. Si jamais il n'était pas élu, ce serait la catastrophe et la ruine de la France. J'en pleurerais, je ne m'en remettrais jamais. Je n'aurais plus envie de voter tellement je serais écoeurée", dit-elle.

Non loin d'elle, Gaëlle-Marie Le Chapelain, 38 ans, pense aussi que "si Hollande est élu, ce serait le chaos total". "Dans six mois, on est dans la situation du peuple grec. Je me poserais alors la question de quitter la France".

Pour aller où ? "A Londres", répond cette militante, qui assure toutefois y croire encore et être là pour montrer que "la France silencieuse compte autant que l'autre France", reprenant presque mot pour mot les paroles de Nicolas Sarkozy, martelées une fois de plus à la tribune.

LES PHOTOS DU RASSEMBLEMENT DES PARTISANS DE SARKOZY

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  • La foule à la Concorde

LES PHOTOS DES PRO HOLLANDE À VINCENNES

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  • La foule à Vincennes

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Publié par Geoffrey Dirat  |