Syrie: au moins huit morts samedi, en dépit du cessez-le-feu

Publication: Mis à jour:
SYRIA SHELLING
La ville de Homs a de nouveau été bombardée samedi (AP) | AP

Les forces syriennes ont tué samedi six civils et bombardé la ville de Homs, à quelques heures d'un vote au Conseil de sécurité de l'ONU sur l'envoi d'observateurs pour surveiller le fragile cessez-le-feu.

Les 15 pays membres du Conseil de sécurité "sont pratiquement tombés d'accord" sur le projet de résolution, a déclaré la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, après un bras-de-fer avec les Occidentaux. Le vote devrait intervenir à 15H.

Au 3e jour du cessez-le-feu instauré conformément au plan de l'émissaire international Kofi Annan, le régime et les opposants continuent de s'accuser de violer la trêve même si l'intensité des violences n'est pas comparable aux derniers mois où les victimes se comptaient chaque jour par dizaines.

Dans l'incident le plus meurtrier depuis la trêve, les forces de sécurité ont tué quatre civils participant à des funérailles à Alep (nord), deuxième ville du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"De quel respect du cessez-le-feu parlent-ils? Le régime continue de tuer le peuple!" s'est insurgé Mohammad al-Halabi, un militant dans la ville.

Les troupes ont en outre abattu un civil à Dmeir dans la province de Damas et bombardé plusieurs quartiers de Homs (centre) où un civil a péri, selon l'ONG. En outre deux membres des forces de sécurité sont morts dans une attaque à Deraa (sud).

Contrairement aux mois précédents, les médias d'Etat rapportent depuis jeudi une grande partie des incidents signalés par les militants, les attribuant systématiquement à des "groupes terroristes armés" accusés de vouloir "saboter le plan Annan".

De nouvelles manifestations ont en outre eu lieu dans plusieurs villes, au lendemain des rassemblements de milliers de manifestants déterminés à tester l'engagement du régime à respecter le plan Annan. Ces démonstrations étaient brutalement réprimées ces derniers mois.

"On ne reculera pas, on ne ce cèdera pas avant la chute du régime", ont scandé des manifestants à Inkhel, dans la région de Deraa.

Les militants pro-démocratie ont appelé samedi sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011" à une "semaine de la révolution des Syriens". M. Assad est le seul chef d'Etat contesté dans la foulée du Printemps arabe toujours au pouvoir.

L'opposition a dit ne pas être rassurée quant à l'application du plan Annan, qui cherche à mettre fin à la répression depuis un an d'une révolte populaire qui s'est militarisée au fil des mois. Les violences ont fait plus de 10 000 morts depuis le 15 mars 2011 selon l'OSDH.

"Nous ne serons rassurés que lorsque les gens pourront manifester et s'exprimer sans tomber sous les balles des forces de sécurité", a dit Samir Nachar, un responsable du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.

"La présence d'observateurs va réduire les tueries sans aucun doute, mais comment 30 observateurs peuvent-ils travailler sur toute la Syrie?" a noté M. Nachar.

Pour vérifier sur place ce qui se passe, le Conseil de sécurité se préparait à voter sur un projet de résolution prévoyant le déploiement dans les prochains jours d'une équipe avancée d'une trentaine d'observateurs non armés, en prélude à une mission complète comptant 250 hommes.

Les Russes avaient contesté une clause du projet des Occidentaux exigeant des garanties du régime Assad sur la sécurité des observateurs, leur liberté de mouvement qui doit être "entière, sans entrave et immédiate" et la confidentialité de leurs déplacements.

Dans son texte, beaucoup moins contraignant pour Damas, la Russie a supprimé la demande d'accès "sans entrave" des observateurs et exclu la condamnation des violations des droits de l'Homme en Syrie.

Une mission de 165 observateurs de la Ligue arabe avait déjà été déployée en Syrie fin décembre, avec l'accord de Damas, avant de plier bagage sans mener à bien sa mission.

Les autorités syriennes imposent des restrictions draconiennes à la circulation dans le pays des médias étrangers qui ne peuvent vérifier indépendamment les informations.

Sur le web

Syrie : Alep rattrapée par la violence - YouTube

Le Figaro - International : Syrie : attaques à l'explosif à Alep, assaut ...

La violence arrive à Alep, poumon économique de la Syrie | The ...

un cessez-le-feu déjà fragilisé par des violences meurtrières