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La CLASSE tient une grande manifestation étudiante samedi à Montréal

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MONTREAL PROTEST
Les étudiants vont manifester à Montréal avec la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics (PC) | AFP/Getty Images

MONTRÉAL - Le centre-ville de Montréal a encore une fois été le théâtre d'un rassemblement populaire d'envergure, samedi, alors que plusieurs milliers de personnes — jeunes et moins jeunes — ont déambulé dans les rues de la métropole afin de souligner à leur façon le neuvième anniversaire de l'élection du Parti libéral du Québec.

La manifestation s'est déroulée dans une ambiance bon enfant. Cependant, alors que le square Victoria se remplissait de rouge, aux environs de 16h30, les policiers ont arrêté un jeune homme de 18 ans qui était en possession d'un arc artisanal et de flèches, a indiqué Simon Delorme, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Des accusations de port d'arme dans un dessein dangereux pourraient être déposées contre le suspect.

De nombreux groupes sociaux ont répondu à l'appel de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui avait lancé un appel général à la mobilisation citoyenne.

«Depuis le début de la contestation, la ministre (Beauchamp) a refusé de négocier, a refusé de dialoguer avec nous. Elle se contente de pelleter ses responsabilités dans la cour des administrations collégiales et universitaires», s'est insurgé le coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.

«Elle fait comme s'il n'y avait aucun problème. Elle doit faire le constat que la grève se poursuit, que la grève ne s'essoufle pas, et qu'elle doit régler ce problème-là», a-t-il ajouté en faisant référence à la ministre de l'Éducation.

Selon les estimations du regroupement étudiant, la foule a atteint le cap des 40 000 au plus fort de la marche.

Comme à son habitude, la CLASSE n'avait pas fourni le parcours aux autorités policières.

Cela a donné lieu à des rencontres inopinées entre manifestants et automobilistes, notamment sur la rue Saint-Denis. Sur une portion de l'artère, les marcheurs se sont faufilés entre les voitures immobilisées, provoquant un concert de klaxons. Dans la plupart des cas, ils étaient actionnés par des automobilistes qui affichaient des sourires — parfois résignés, d'autres fois franchement engageants.

Lorsqu'elle a vu la tête du cortège apparaître au coin des rues Émery et Saint-Denis, Carole s'est spontanément mise à applaudir.

«Moi, je suis bien d'accord avec eux. Il y a tellement d'argent qui se perd un peu partout, alors que l'éducation soit gratuite, je suis pour ça. Je leur souhaite de 'toffer', les jeunes, c'est bon», a lancé la retraitée âgée de 63 ans.

Pour la marche de samedi, baptisée «Pour un Printemps québécois», la CLASSE avait tendu la main à l'ensemble des groupes sociaux.

«Coupures dans les programmes sociaux, baisses d’impôts aux entreprises, dépenses militaires records, recul des droits des femmes, mises à pieds massives, inaction devant les fermetures d’usines, hausse du seuil de la retraite à 67 ans, hausse des frais de scolarité, imposition de la taxe-santé, augmentation des tarifs d’Hydro-Québec... La liste des injustices libérales et conservatrices est longue!», pouvait-on lire sur la page Facebook de l'événement.

C'est tout de même la cause étudiante qui a monopolisé l'attention, comme en témoignaient les affiches, les slogans et les chants.

Des enseignants opposés à la hausse des droits de scolarité étaient notamment de la partie. La veille, un groupe disant représenter un millier de leurs collègues de tous les niveaux d'enseignement avait publiquement réclamé la démission de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

D'après le député Amir Khadir, de Québec solidaire, ils se trompent de cible.

«Sur le plan politique, Mme Beauchamp s'est tellement peinturée dans un coin qu'elle n'a pas de crédibilité. Alors, pour qu'un dialogue s'engage, ce serait le geste à faire, a-t-il suggéré. Mais je la plains, parce qu'elle est victime de l'entêtement de M. Charest.»

C'est d'ailleurs le premier ministre Jean Charest qui, selon Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), s'apprête à sortir un lapin de son chapeau.

Car même si on ne peut parler d'essoufflement de la mobilisation, tel que le martèlent les leaders étudiants et comme le prouve l'ampleur du rassemblement de samedi, il n'en demeure pas moins que le temps presse, et ce, pour toutes les parties impliquées dans ce bras de fer.

«Avec la pression qui est tellement grande de la part des institutions collégiales et universitaires sur le gouvernement, selon moi, le premier ministre va en venir à intervenir au courant des premiers jours», a avancé Léo Bureau-Blouin.

«Je ne serais pas surpris, un peu comme on a vu dans le cas de la commission d'enquête sur la construction, qu'il y ait une bonification de la dernière offre de Mme Beauchamp d'ici le prochain conseil des ministres.»

En octobre dernier, quelques minutes après que son ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, eut défendu bec et ongles le cadre conféré à la commission d'enquête sur l'industrie de la construction, Jean Charest avait opéré une volte-face en proposant d'en élargir les pouvoirs.

Réunie en assemblée générale annuelle, samedi, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a rendu publique une proposition visant à favoriser la reddition de comptes des universités.

La FEUQ souhaite la création d'une commission d'évaluation des universités du Québec. Cet organisme, qui serait composé d'étudiants, de professeurs, de dirigeants d'institutions et de fonctionnaires, assurerait le suivi de la gestion des universités afin d'éviter les débordements financiers.

Selon la FEUQ, cette mesure permettrait d'économiser d'importantes sommes, qui pourraient ensuite être réinvesties dans la qualité de l'enseignement.

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