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Grève étudiante: Jean Charest accuse Pauline Marois d'avoir une attitude antidémocratique

Publication: Mis à jour:
13APR03
M. Charest s'est livré à une charge en règle contre la chef péquiste, alors qu'il concluait une mission de quatre jours au Brésil. | Courtoisie

HORTOLÂNDIA, Brésil - Séparés par des milliers de kilomètres, le premier ministre Jean Charest et la chef péquiste Pauline Marois ont croisé le fer, vendredi, s'accusant mutuellement de manquer de leadership face au mouvement de grèves étudiantes contre la hausse des droits de scolarité.

M. Charest a conclu une mission de quatre jours au Brésil en se livrant à une charge en règle contre Mme Marois dont il juge l'attitude antidémocratique.

Selon le premier ministre, Mme Marois manque de leadership en choisissant de rester silencieuse face à l'intimidation et la violence qu'il constate dans le mouvement étudiant.

«Là où elle aurait dû parler, là où elle aurait dû se prononcer, elle a choisi d'être silencieuse, a-t-il dit lors d'un point de presse. Moi j'appelle ça de l'irresponsabilité, j'appelle ça un échec de leadership, c'est une abdication, c'est choisir la rue, au lieu de choisir la démocratie.»

Malgré des questions répétées, le premier ministre a refusé d'attribuer une quelconque responsabilité à Mme Marois dans la situation actuelle, qui a donné lieu à de vigoureuses manifestations d'étudiants au cours des derniers jours.

«Ceux qui sont des leaders politiques, comme Pauline Marois, qui sont silencieux là-dessus, franchement c'est une faute impardonnable», a-t-il dit, en marge de l'inauguration d'une usine de Bombardier Transport à 100 km au nord de Sao Paulo.

À Montréal, lors d'une conférence de presse, Mme Marois a condamné l'attitude inflexible de M. Charest, l'enjoignant à faire preuve de leadership en discutant avec les étudiants grévistes, qui protestent contre une hausse de 1625 $ des droits de scolarité, sur une période de cinq ans.

«À mon avis, il devrait s'asseoir avec les étudiants et trouver une voie de passage, a-t-il dit. C'est sa responsabilité comme premier ministre. Il me semble qu'il devrait, comme premier ministre, assumer son leadership.»

La chef péquiste a accusé M. Charest de prolonger la crise pour se faire du capital politique.

«Il diabolise les étudiants et jette de l'huile sur le feu, a-t-elle dit. Jean Charest est en train de créer une crise pour se faire du capital politique. S'il devait y avoir des débordements, c'est lui qui en sera le premier responsable.»

Le Parti québécois a d'ailleurs réclamé vendredi des excuses de M. Charest, à la suite de l'arrestation d'un journaliste et d'un photographe de La Presse, lors d'une manifestation étudiante, qui ont été relâchés par la suite.

En début de semaine, M. Charest a soutenu que la question des droits de scolarité n'était pas un enjeu électoral. Il avait alors précisé qu'aucune élection n'était programmée, ce qu'il a répété vendredi.

«Le programme n'a pas changé», a-t-il dit.

D'autre part, M. Charest a affirmé qu'il fallait prendre au sérieux les menaces de mort proférées envers deux membres de son gouvernement, dont la ministre de l'Éducation Line Beauchamp, ce qui a mené à l'arrestation jeudi d'un homme de 33 ans.

«La Sûreté du Québec prend en charge les enquêtes dans ce temps-là. On leur fait confiance, mais il faut prendre au sérieux ces choses-là», a-t-il dit.

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