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Syrie: le cessez-le-feu entre en vigueur, l'opposition appelle à manifester

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Un cessez-le-feu censé mettre fin à plus d'un an de violences sanglantes en Syrie est entré en vigueur jeudi, suivi aussitôt d'un appel à manifester de l'opposition toujours déterminée à faire tomber le régime de Bachar al-Assad.

Aucune violation n'a été constatée plus de sept heures après l'expiration du délai pour l'arrêt total des hostilités mais l'armée n'a toujours pas retiré ses troupes des villes comme le stipule le plan de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, selon des militants.

La Russie, allié de poids du régime Assad, a appelé, comme la France, à l'"envoi le plus vite possible" d'observateurs pour surveiller l'application du cessez-le-feu, face au scepticisme de la communauté internationale qui a accusé maintes fois le pouvoir syrien de ne pas tenir parole.

Plusieurs heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à 03H00 GMT, "la situation est calme dans l'ensemble des régions", a indiqué à l'AFP l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Cependant, "il n'y pas eu non plus de mouvements de retrait de chars".

Des militants contactés à Deraa (sud), dans la province de Damas et à Hama (centre) ont fait état d'un calme précaire tout en assurant ne pas faire confiance au régime.

M. Annan devait rendre compte de l'application du cessez-le feu devant le Conseil de sécurité de l'ONU à 14H00 GMT par vidéoconférence depuis Genève.

Les autorités syriennes ont annoncé qu'elles mettraient fin aux opérations militaires tout en prévenant que l'armée répondrait à toute attaque menée par "des terroristes", en référence aux rebelles qui se sont engagés à respecter l'ultimatum.

Après avoir réprimé depuis le 15 mars 2011 une révolte marquée par des manifestations populaires avant de se militariser, les troupes restaient massivement déployées dans certains hauts lieux de la contestation pour dissuader les gens de manifester, selon les militants.

D'ailleurs, le chef du Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition, Burhan Ghalioun a appelé les Syriens à défiler dans les rues pour "s'exprimer car c'est un droit absolu. Les manifestations étant un point essentiel du plan" en six points de M. Annan.

Celui-ci stipule, outre le cessez-le-feu et le retrait des troupes des centres urbains, la "liberté d'association et le droit de manifester pacifiquement".

L'appel de M. Ghalioun semble être un moyen de tester les intentions du régime dont les troupes ont toujours réprimé les manifestations hostiles au pouvoir et appelant à des réformes démocratiques. Ces protestations avaient diminué en intensité du fait du quadrillage des villes par l'armée.

"Le vrai test sera vendredi, jour de manifestations (habituel), pour voir si les forces du régime vont tirer sur la foule", a indiqué Moaz, un militant des Comités locaux de coordinations (LCC), qui animent la contestation sur le terrain.

"Si les gens manifestent massivement le régime trouvera un moyen d'évoquer à nouveau l'alibi des groupes terroristes pour tirer la foule", a indiqué un autre militant, Mahmoud Sayyed, à Deraa.

M. Ghalioun a exprimé son scepticisme sur le respect du cessez-le-feu par le régime. "Nous attendons pour voir, la journée n'est pas terminée, nous ne faisons pas du tout confiance au régime d'autant que les troupes ne se sont pas retirées encore".

"L'armée syrienne accomplit sa mission (...) et lorsqu'elle l'aura terminée, elle regagnera certainement les casernes", écrit le quotidien gouvernemental Al-Watan.

En raison des restrictions draconiennes imposées aux médias étrangers en Syrie, il n'est pas possible de vérifier sur le terrain le respect du cessez-le-feu.

Les violences ont fait selon l'OSDH plus de 10.000 morts en majorité des civils depuis l'éclatement de la révolte réprimée par le régime qui ne reconnaît pas la contestation et l'assimile à du "terrorisme".

La Chine, qui soutient également le régime Assad, a estimé que le cessez-le-feu représentait "une étape importante vers une solution politique de la crise".

Mais les Etats-Unis ont prévenu qu'ils jugeraient Damas sur "ce qu'il fait, pas sur ce qu'il dit".

Le président des Etats-Unis Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont souligné la nécessité d'une action "plus résolue" du Conseil de sécurité, où la Russie et la Chine avaient bloqué à deux reprises des résolutions condamnant la répression.

Le Premier ministre britannique David Cameron a demandé à Moscou et Pékin de se joindre à la communauté internationale pour "resserrer l'étau" autour du régime syrien qui a "délibérément bafoué" le plan Annan.

Enfin, l'Otan a affirmé prendre "très au sérieux" la protection de ses Etats membres, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ayant dit qu'il pourrait invoquer l'article 5 du traité de l'Alliance pour protéger sa frontière avec la Syrie, où six personnes ont été blessées selon Ankara par des tirs de l'armée.

bur-ram/tp

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