Charest énonce des critères déterminant la reprise des cours

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JEAN CHAREST ETUDIANTS
Jean Charest au Brésil, le 12 avril 2012. (Huffington Post Québec) | Huffington Post Quebec

SAO PAULO - Le premier ministre Jean Charest a déclaré jeudi que les cégeps et universités doivent tenir compte de plusieurs critères, dont la sécurité, avant de forcer le retour en classe.

M. Charest a nié qu'il nuançait ainsi la position exprimée mercredi par la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

Mme Beauchamp a rappelé aux institutions que la loi les oblige à donner leurs cours. La ministre les a enjointes à prendre tous les moyens pour que les cours puissent être offerts.

La Collège de Valleyfield, où les étudiants ont voté pour le boycott des cours, a dû renoncer à forcer un retour en classe, jeudi. Des échauffourées entre étudiants pour et contre le mouvement de grève ont obligé l'institution à annuler ses cours pour la journée.

En marge d'une mission au Brésil, M. Charest a affirmé que les institutions doivent prendre en compte plusieurs critères avant d'ordonner la reprise des cours malgré un vote d'étudiants favorable au débrayage.

Lors d'un point de presse, le premier ministre n'a cependant nommé que deux critères, soit la sécurité et la gestion de l'établissement.

«Nous laissons à chaque institution le soin de prendre les décisions qu'elles doivent prendre en fonction de plusieurs critères qui incluent la sécurité, qui incluent également la gestion de son établissement», a-t-il dit.

«On ne veut pas faire du cas par cas, mais nous donnons une direction générale en termes de ce que nous attendons.»

M. Charest a soutenu que Mme Beauchamp avait elle aussi énoncé ces critères mercredi.

«Ce n'est pas plus nuancé, c'est la même chose», a-t-il dit.

En entrevue, Hélène Sauvageau, l'attachée de presse de Mme Beauchamp, a précisé jeudi que la question de la sécurité doit être déterminée par les directions d'établissements.

«C'est au directeur général, aux autorités des établissements de décider si ça peut porter atteinte à la sécurité des gens», a-t-elle dit.

Depuis neuf semaines, le gouvernement est aux prises avec un mouvement de grèves étudiantes en réaction à l'annonce d'une hausse des droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans.

M. Charest a affirmé que, même dans les cas où le boycott des cours a reçu un appui majoritaire des étudiants, ceux qui souhaitent reprendre leurs classes doivent pouvoir le faire, sans être l'objet d'intimidation.

«Ils ont, ces Québécois, le droit de recevoir leurs cours et nous demandons que ce droit soit respecté», a-t-il dit.

Mercredi, le premier ministre avait affirmé qu'après le débat sur l'intimidation dans la construction, il ne souhaitait pas avoir à refaire un exercice semblable à cause du mouvement étudiant.

M. Charest a cependant précisé jeudi qu'il ne fallait pas établir de parallèle entre l'intimidation d'étudiants et celle qui a été constatée sur les chantiers de construction.

«Prétendre ça, ce serait à mon avis dévier de la vraie question que j'ai soulevée hier, a-t-il dit. La question est la suivante: est-ce que oui ou non au Québec on doit faire des débats dans le respect et dans une volonté démocratique de respecter le choix des gens.»

M. Charest ne s'est pas montré ébranlé par un sondage Léger Marketing, commandé par une association étudiante, démontrant que 47 pour cent des Québécois sont insatisfaits de la gestion de Mme Beauchamp dans le dossier des grèves étudiantes, contre 31 pour cent qui en sont satisfaits.

L'étude, commandée par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), indique aussi que 65 pour cent des 510 répondants croient que le gouvernement devrait négocier une sortie de crise avec les étudiants.

«Ça ne vous surprendra pas ne m'entendre dire qu'on ne fait pas ça à partir de sondages, surtout une affaire qui est débattue au Québec depuis 20 ans», a dit M. Charest.