Huffpost Canada Quebec qc

Le Plan Nord: une question de sécurité nationale, dit Charest au Brésil

Publication: Mis à jour:
002
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le ministre-président de la Bavière, Horst Seehofer, après la signature d'une déclaration commune de collaboration sur le Plan Nord, à Sao Paulo, au Brésil, le mardi 10 avril 2012. | charest bresil plan nord

SAO PAULO - Le Plan Nord contribuera à la sécurité nationale des pays investisseurs, a déclaré mercredi le premier ministre Jean Charest, qui s'est aussi défendu de faire de «l'inflation verbale» avec ce projet de développement économique.

En mission au Brésil, M. Charest a vanté l'accessibilité aux ressources naturelles du Québec, en rappelant que la Chine a récemment réduit les approvisionnements du Japon pour certains de ses métaux en guise de représailles commerciales.

Des projets d'exploitation de terres rares sont en développement, sur le territoire du Plan Nord, ce qui en ferait une alternative à la Chine pour ces métaux qui entrent dans la fabrication d'appareils électroniques, a souligné M. Charest lors d'une allocution dans un hôtel de Sao Paulo.

Après avoir sollicité les investissements du Brésil dans le nord québécois, le premier ministre a déclaré que l'accès aux ressources naturelles est un enjeu stratégique non négligeable.

«À la suite d'un conflit relié au secteur de la pêche, la Chine a réduit les quotas de terres rares dont bénéficiait le Japon», a-t-il dit à son auditoire de 170 personnes, dont 65 pour cent de Brésiliens issus du milieu des affaires.

«Cela a eu un effet important à travers le monde, dans de nombreux pays développés qui n'ont pas accès aux ressources naturelles, qui ont soudainement réalisé que l'accès aux ressources naturelles est une question de sécurité nationale stratégique.»

En point de presse, M. Charest a soutenu que le Québec fait des envieux avec le Plan Nord, ce projet de développement économique qui repose, du point de vue des investissements privés, sur le secteur minier.

M. Charest s'est défendu d'exagérer l'importance du Plan Nord, répondant ainsi à des critiques formulées l'automne dernier par l'ancien premier ministre péquiste Jacques Parizeau.

«Il n'y a pas d'inflation verbale là-dedans, au contraire, il y a un magnifique projet pour l'avenir du Québec et c'est un projet de développement durable», a dit M. Charest en citant une étude qui prédit une hausse du PIB de 1 pour cent grâce au Plan Nord.

Le Plan Nord, qui s'étale sur 25 ans, prévoit 80 milliards $ d'investissements, soit 47 milliards $ en projets de production d'énergie par Hydro-Québec et 33 milliards $ pour le déploiement du secteur minier.

M. Charest n'a pas voulu s'avancer sur une prévision de croissance du secteur minier, dont les activités comptent pour 1,5 pour cent dans l'économie québécoise.

Le premier ministre a cependant rappelé que les investissements du secteur minier sont passés de 2,9 milliards $ en 2010 à 3,2 milliards $ en 2011.

«Je n'ai pas de chiffres sous la main aujourd'hui mais je peux donner les chiffres pour 2011, à 3,2 milliards $, mais je peux vous dire qu'il y a une croissance qui va être très forte dans les années à venir», a-t-il dit.

À titre comparatif, pendant le boom dans le secteur des hydrocarbures en Alberta, l'industrie du gaz et du pétrole dépensait en moyenne plus de 40 milliards $ par année, entre 2005 et 2008.

Mais M. Charest a plaidé que le Québec procède différemment, en optant pour un développement plus ordonné que dans l'Ouest, où le boom pétrolier n'a pas été sans causer certains problèmes engendrés par la croissance.

«On ne va pas se développer comme dans l'Ouest, a-t-il dit. On a tiré des leçons de ce qu'on a vu comme développement ailleurs et c'est pour ça qu'on a fait une longue consultation avant de livrer le Plan Nord, pour que le développement se fasse dans l'ordre.»

Après avoir fait activement la promotion de son projet phare en Europe et en Asie, au cours des derniers mois, M. Charest a poursuivi l'opération mercredi au Brésil, où il se trouve cette semaine.

«Je suis toujours heureux de présenter le Plan Nord, a-t-il dit. C'est un sujet que j'aime beaucoup, alors j'en parle avec beaucoup d'émotion parce que j'y crois.»

Après sa conférence, M. Charest a eu un entretien avec l'ancien président du Brésil, Fernando Cardoso, à Sao Paulo.

M. Charest participera jeudi à la Conférence des chefs de gouvernement des régions partenaires, qui regroupe sept États membres de fédérations, dont le Québec et l'État de Sao Paulo, hôte de l'événement.