Québec ajoute 21 policiers à son escouade de lutte aux cyberpédophiles

Publication: 10/04/2012 13:16 Mis à jour: 10/04/2012 17:12

QUÉBEC - La lutte aux cyberpédophiles s'intensifie, avec l'ajout de 21 policiers à l'escouade de la Sûreté du Québec chargée de les traquer et, idéalement, de les mettre derrière les barreaux.

La pornographie juvénile sur Internet est devenue un véritable fléau, ont dénoncé en choeur le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, et le directeur général de la Sûreté du Québec, Richard Deschesnes, mardi en conférence de presse, en annonçant leur plan de riposte à un phénomène qui prend de l'ampleur chaque jour.

La preuve en est faite par la croissance du nombre de plaintes reçues par la SQ en ce domaine, a indiqué le ministre Dutil.

«On parle de près de 400 plaintes cette année, alors qu'il y a quelques années c'était moins d'une centaine», a-t-il dit, en concluant à une forte augmentation du phénomène.

«C'est sûr que la croissance est exponentielle», selon lui.

Ainsi, l'escouade de lutte à la cyberpédophilie de la SQ passera de neuf personnes à 34, avec l'embauche de 21 policiers et la réaffectation de quatre civils. L'équipe sera chargée essentiellement de détecter les cyberprédateurs et de démanteler les réseaux de distribution de pornographie juvénile sur le Web.

Comme ce phénomène est sans cesse croissant, il faut s'attendre aussi à ce que le nombre de plaintes suive la même courbe. «Le nombre de signalements va augmenter», prévoit le directeur général de la SQ, Richard Deschesnes. D'où la nécessité «d'avoir les effectifs pour répondre à ces demandes-là».

La cyberpédophilie, «c'est certainement le crime le plus odieux», a ajouté le ministre Dutil, parce qu'il est commis à l'encontre des enfants.

À la SQ, il y aura donc, au total, 104 personnes qui lutteront contre la cybercriminalité en général, une fois les nouvelles recrues à l'oeuvre.

Pour contrer le phénomène, Québec prévoit aussi d'autres actions, la principale étant le dépôt «le plus rapidement possible» d'un projet de loi visant à mieux protéger les enfants contre ce type de crime.

Le ministre Dutil n'a cependant pas voulu élaborer sur les orientations précises qui seront contenues dans ce projet de loi.

Depuis des années, à l'Assemblée nationale, la question de la lutte aux cyberprédateurs préoccupe la députée caquiste de Lotbinière, Sylvie Roy.

L'automne passé, elle avait déposé un projet de loi visant à mettre en place un service 911-Web exclusivement dédié à dénoncer les cyberpédophiles. Il visait à obliger les gens à dénoncer les sites de pornographie juvénile et ceux qui les fréquentent.

Mais le projet est resté lettre morte, n'ayant pas reçu l'appui du gouvernement.

Après l'annonce de mardi, Mme Roy demande donc au ministre d'appeler son projet de loi.

En entrevue téléphonique, elle a dit craindre que le ministre «s'achète une bonne conscience» avec une annonce «qui ressemble beaucoup à un programme de relations publiques», sans vouloir s'attaquer véritablement au problème et en retardant le dépôt et l'adoption d'une loi sévère.

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Publié par Patrick White  |