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Droits de scolarité : 57 jours de grève et toujours pas de négociations

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Les étudiants entament leur 9e semaine de grève contre la hausse des droits de scolarité. (Photo SRC)
Les étudiants entament leur 9e semaine de grève contre la hausse des droits de scolarité. (Photo SRC)

(Radio-Canada.ca)

Une centaine d'étudiants en grève membres de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont occupé symboliquement le terrain devant les bureaux du ministère de l'Éducation à Montréal.

Par ce geste, les étudiants ont dit vouloir inciter la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, à négocier avec eux. Ils disent avoir des propositions à faire à la ministre pour améliorer le financement des universités sans hausser les droits de scolarité.

Ils affirment être prêts à rester sur place une bonne partie de la journée.

Des professeurs ont rejoint le groupe d'étudiants en milieu d'après-midi.

Plus tôt, quelques dizaines d'étudiants ont bloqué deux entrées du port de Montréal pendant plus d'une heure, dans une nouvelle action de perturbation économique pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.

Vers 10 h, les étudiants se sont réunis à la station de métro Préfontaine, dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, avant de se rendre à la station Langelier pour ensuite rejoindre le port de Montréal à pied.

Arrivé rue Notre-Dame, le groupe s'est scindé en deux. Une partie des manifestants s'est dirigée vers l'entrée du port de la rue Bossuet, tandis que l'autre s'est rendue vers l'entrée de la rue de Boucherville.

Peu après 11 h, des policiers dépêchés sur place ont indiqué aux manifestants qu'ils devaient quitter les lieux. Les étudiants qui bloquaient l'accès de la rue de Boucherville se sont déplacés et sont allés rejoindre l'autre groupe. Sous la pression des policiers, ils ont ensuite quitté les lieux.

Il s'agissait de la troisième perturbation au port de Montréal depuis le début du mouvement de grève.

Par ailleurs, des étudiants ont observé un sit-in au coin de la rue Saint-Denis et du boulevard de Maisonneuve, bloquant ainsi la circulation. Une centaine d'autres étudiants ont pour leur part effectué un chemin de croix près de l'Université de Montréal.

Retour en classe pour certains, poursuite de la grève pour d'autres

Les cours ont repris mardi au cégep de Matane et au Collège d'Alma, qui ont voté la semaine dernière pour mettre fin à la grève. Des milliers d'étudiants aux 2e et 3e cycles de l'Université Laval à Québec avaient fait de même et sont aussi retournés en classe mardi matin. En tout, 4800 étudiants sont toujours en grève à l'Université Laval.

De leur côté, les étudiants de la faculté des lettres et des sciences humaines de l'Université de Sherbrooke se sont prononcés pour la poursuite de la grève.

Les 6000 étudiants du cégep de Sherbrooke se prononceront mercredi.

Environ 178 000 étudiants sont en grève dans l'ensemble de la province.

Pas de cours d'anthropologie pour Laurent Proulx

À l'Université Laval, un professeur d'anthropologie a refusé de donner son cours mardi après-midi, malgré l'injonction accordée la semaine dernière à un étudiant, Laurent Proulx. Le professeur a justifié sa décision par la trop grande présence des médias.

Session compromise?

La grève en est à sa 57e journée et certaines institutions ont déjà dit qu'au-delà du 10 avril, elles ne pourraient garantir que le trimestre pourrait être complété.

Selon le PDG de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Daniel Zizian, « chaque jour qui s'ajoute rend la situation difficile pour sauver la session ou les cours pris par les étudiants ».

En entrevue dimanche à RDI, M. Zizian a expliqué que les deux tiers des étudiants suivaient leurs cours normalement, et qu'un certain nombre d'associations avaient voté pour une reprise des cours depuis la grande manifestation du 22 mars dernier.

Selon M. Zizian, les étudiants membres des associations ayant entrepris leur mouvement de grève à la mi-février sont dans la situation la plus difficile. Il a donné l'exemple de l'UQAM, qui a calculé qu'une reprise des cours mardi reporterait la fin de la session au 27 mai.

Considérant que des locaux et des ressources seront alors requis pour la session printemps-été, cela pourrait poser problème. Des cours pourraient être annulés ou suspendus, c'est-à-dire repris dans une session ultérieure.

« Il n'y aura aucun compromis de la part des établissements universitaires à l'égard de la qualité de la formation », a résumé le PDG de la CREPUQ. « Les universités souhaitent pouvoir compléter la session dans des délais raisonnables, mais si on n'est pas en mesure de le faire compte tenu des éléments pédagogiques qui doivent être mis dans le cours, le cours sera soit annulé soit suspendu, c'est-à-dire repris à une autre session ».

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, affirme que la grève a coûté 100 millions de dollars jusqu'à présent au gouvernement. M. Zizian estime cependant qu'il est trop tôt pour faire de telles estimations.

Nouveau scénario à l'UQAM

La commission des études de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) s'est prononcée mardi en faveur d'un scénario prévoyant un retour en classe le 7 mai et un prolongement de la session jusqu'au 22 juin. Si les étudiants revenaient en classe la semaine prochaine (16 avril), la session serait prolongée jusqu'au 3 juin.

Des étudiants veulent intenter un recours collectif

Entre-temps, des étudiants regroupés au sein du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec comptent intenter un recours collectif contre toutes les institutions ou les organismes pouvant être tenus responsables de la grève.

Les universités, les cégeps, les associations étudiantes et les syndicats pourraient notamment être visés, indique leur porte-parole, Simon Talbot. « On va essayer de ratisser le plus large possible et vraiment trouver toutes les personnes qui sont responsables de cette grève-là », a-t-il expliqué mardi à RDI.

Selon lui, les institutions ont leur part de responsabilité puisqu'ils demandent à leurs professeurs de ne pas franchir les piquets de grève des étudiants et de ne pas enseigner s'il n'y a pas assez d'étudiants dans les classes.

M. Talbot affirme que le recours collectif arguerait que la grève va priver les étudiants d'un enseignement qu'ils ont pourtant payé et les privera aussi d'heures de travail durant l'été, en raison des sessions qui devront être prolongées.

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MANIFESTATION DU 22 MARS 2012
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