Tunisie/violences: un parti de la coalition au pouvoir demande une enquête

Publication: 9/04/2012 11:22 Mis à jour: 9/04/2012 14:25

Le parti de gauche Ettakatol, allié aux islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement tunisien, a exigé une enquête sur la répression violente de manifestants lundi dans le centre de Tunis.

"Nous avons demandé l'ouverture sans délai d'une enquête sur les abus et exigé l'indentification des civils douteux qui ont participé à la répression des manifestants", a indiqué à l'AFP le porte-parole d'Ettakatol, Mohamed Bennour.

Ettakatol "s'interroge sur la participation à ces actes de civils munis de gourdins", a-t-il ajouté.

"Les manifestants ont été pourchassés non seulement sur l'avenue Habib Bourguiba -- interdite aux rassemblements-- mais dans les rues avoisinantes et sur le boulevard latéral Mohamed V", théoriquement autorisés, a fait valoir M. Bennour.

L'avenue Bourguiba est interdite aux manifestations depuis le 28 mars. M. Bennour a réclamé "la levée de l'interdiction de manifester pacifiquement dans le centre ville", ou, à défaut, "une date butoir à cet interdit".

Ettakatol, qui dispose de 20 sièges à l'Assemblée nationale constituante (ANC) et est dirigé par le président de l'Assemblée Mustapha Ben Jaafar, dénonce aussi "l'agression de membres de l'ANC" lors des manifestations.

De son côté, le chef d'un petit parti de gauche a ouvertement accusé des "milices appartenant à Ennahda" d'avoir "frappé les manifestants avec des gourdins".

Mohamed Kilani, du Parti socialiste de gauche (aucun siège), a affirmé que les locaux de sa formation avaient été investis par la police et a fait état de "blessés graves" parmi les militants de son parti.

Ennahda a nié toute participation de ses militants à la répression des manifestants.

"Il n'existe pas de milice d'Ennahda, nos militants n'étaient pas présents sur l'avenue Bourguiba ce jour", a déclaré un des dirigeants du parti, Ajmi Louirimi, cité par l'agence TAP.

Le parti islamiste a commémoré la journée hors du centre, au mémorial des martyrs et sur la place de l'ancienne prison civile de Tunis où avaient été longtemps emprisonnés ses dirigeants et partisans sous le président Zine El Abidine Ben Ali.

Bsh/cf/jlb

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