Des tirs syriens atteignent la Turquie

Publication: 9/04/2012 11:31 Mis à jour: 9/04/2012 11:38

Tirs Syriens Turquie
Des réfugiés regardent ce qui se passe de l'autre côté de la frontière à Kilis, en Turquie. (AFP)

(Radio-canada.ca)

Alors que l'application du plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan semble de plus en plus compromise, des attaques meurtrières touchent la frontière turco-syrienne.

L'agence de presse turque Anatolie rapporte que deux Syriens ont été tués et au moins 15 autres blessés dans une attaque à l'arme lourde des forces syriennes de sécurité contre un village situé près de la frontière entre les deux pays.

Un responsable du ministère turc des Affaires étrangères a quant à lui indiqué que des tirs provenant de Syrie ont blessé deux réfugiés syriens et un interprète turc dans un camp de réfugiés en Turquie. L'incident s'est produit près de la frontière à la hauteur de la ville turque de Kilis. « Nous avons convoqué le chargé d'affaires syrien à Ankara et nous lui avons demandé de mettre fin à cet incident », a ajouté ce responsable.

Il s'agit de la première fois que la Turquie est attaquée depuis que des milliers de réfugiés ont commencé à y affluer, l'été dernier. Plus de 24 000 Syriens y ont trouvé refuge depuis le début de la répression du régime du président Bachar Al-Assad contre l'insurrection populaire.

En outre, de violents combats opposaient lundi armée et rebelles syriens, en particulier dans les provinces d'Alep et de Deir Ezzor, en Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L'organisme basé à Londres a recensé 13 morts, dont 12 dans les rangs des forces gouvernementales. L'OSDH estime qu'au cours des 48 dernières heures, les violences en Syrie ont fait plus de 180 morts.

Par ailleurs, un cameraman de la chaîne de télévision libanaise Al Djadid a été tué par balle lundi à proximité de la frontière entre le nord du Liban et la Syrie. La nouvelle a été confirmée par la direction de la chaîne.

Plan de paix toujours menacé

Ces attaques surviennent à moins de 24 heures du retrait de l'armée prévu par le plan de paix de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan. Ce plan est menacé par la volonté du régime de rendre son application conditionnelle à un engagement par écrit des rebelles à cesser le combat.

Lundi, la Chine a exhorté le régime de Damas et l'opposition syrienne à respecter leurs « engagements » de cessez-le-feu et de retrait militaire dans le cadre du plan de sortie de crise.

Quant à la Russie, son vice-ministre des Affaires étrangères a déclaré que Moscou travaille à mettre fin aux violences en Syrie, sans toutefois appeler le régime de Bachar Al-Assad à respecter le calendrier de cessez-le-feu du plan de paix de Kofi Annan. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem, doit arriver lundi à Moscou et s'entretenir mardi avec son homologue russe.

De son côté, la chaîne turque NTV rapporte que le vice-ministre des Affaires étrangères de la Turquie croit que la date du 10 avril fixée par le plan de paix de Kofi Annan pour que le régime syrien retire ses troupes des centres urbains « n'a plus de sens ». Naci Koru a ajouté qu'une « nouvelle étape » allait débuter mardi, ajoute la chaîne.

Kofi Annan doit faire une halte dans un camp de réfugiés syriens en Turquie, mardi, avant de se rendre à Téhéran pour obtenir le soutien des autorités iraniennes à son plan de paix, a annoncé lundi son porte-parole.

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Publié par Myriam Lefebvre  |