Malawi: la nouvelle présidente congédie le chef de la police

Publication: 9/04/2012 07:52 Mis à jour: 9/04/2012 10:54

La nouvelle présidente du Malawi, Joyce Banda, a congédié pour sa première décision le chef de la police Peter Mukhito, dont les hommes avaient tué 19 personnes lors d'émeutes antigouvernementales en juillet 2011, ont indiqué ses services lundi dans un communiqué.

La présidente, une opposante arrivée au pouvoir samedi à la faveur de la mort de son prédécesseur en cours de mandat, n'a pas donné d'explication au remerciement de M. Mukhito, un ancien commandant de la garde présidentielle nommé par le président défunt Bingu wa Mutharika il y a deux ans.

Des analystes ont indiqué à l'AFP que le chef de la police aurait été démis de ses fonctions pour avoir mal géré les émeutes de juillet et pour la mort mystérieuse, en août, du militant étudiant Robert Chasowa.

La police avait alors évoqué un suicide, mais le rapport d'autopsie a fait état de blessures causées par un objet contondant sur le crâne du jeune homme, qui avait écrit des articles très engagés contre le gouvernement.

Des militants des droits de l'homme se sont félicités lundi de la décision de la nouvelle présidente, appelant à l'arrestation de M. Mukhito.

"Qu'il soit juste remercié ne me satisfait pas. Il doit être arrêté, et la justice doit suivre son cours, il doit y avoir un verdict final", a indiqué à l'AFP John Kapito, qui vient de quitter la tête de la Commission des droits de l'homme malawite.

"Il a beaucoup de choses à expliquer, y compris comment comment il a laissé tuer 19 personnes l'an dernier", a-t-il ajouté, accusant aussi la police d'avoir lancé ces dernières années des cocktails Molotov contre des militants ou des avocats qui avaient organisé des manifestations pour réclamer des réformes économiques, sur fond de graves pénuries de devises et de carburant.

Moses Mkandawire, directeur d'un groupe de défense des droits de l'homme rattaché à l'Eglise presbytérienne, a rappelé que "la police a été utilisée comme instrument d'oppression" sous Peter Mukhito.

"La police a abusé et violé les droits du peuple en empêchant les gens d'organiser des manifestations pacifiques et a arrêté ceux qui ont exercé leur liberté d'expression", a-t-il accusé.

La vice-présidente Joyce Banda, 61 ans, a été investie samedi, quelques heures après l'annonce officielle de la mort du président Bingu wa Mutharika, victime jeudi d'une crise cardiaque, dont elle était devenue une farouche opposante. Elle a aussitot appelé à l'unité et à la réconciliation.

fm/liu/jlb

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Publié par AFPQC  | 
 
 
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