Forte criminalité, entraves à la liberté d'expression et "fragilité" du pouvoir judiciaire entre autres affectent sérieusement les droits de l'homme au Venezuela, pointe lundi la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) dans son rapport annuel 2011.
La CIDH, un organe de l'Organisation des Etats américains (OEA), fait une fois de plus figurer en 2011 le Venezuela dans la liste des pays où "la jouissance des droits fondamentaux est sérieusement et gravement affectée" --aux côtés de Cuba, du Honduras et de la Colombie.
Le Venezuela, qui a menacé de quitter la CIDH au motif que l'organisation ne serait pas objective à son égard, est inscrit sur cette "liste noire" depuis 2002.
Comme l'année précédente, la CIDH a constaté en 2011 la "fragilité" du pouvoir judiciaire dans ce pays et le "manque d'indépendance" des juges.
Le rapport fustige aussi les pouvoirs législatifs exceptionnels dont dispose le président Hugo Chavez depuis fin 2010, qui ont entraîné l'adoption de lois imposant des "restrictions légales et administratives".
Les atteintes à la liberté d'expression inquiètent également la Commission interaméricaine qui cite dans son rapport des cas d'assassinats, d'agressions, de harcèlement ou de procès contre des journalistes et organes de presse, avec pour but de limiter l'accès du public à l'information.
De même, la CIDH juge "insuffisantes" les réponses du gouvernement face à l'énorme taux de criminalité qui sévit dans le pays, ce dernier ayant le plus fort taux d'homicide de toute l'Amérique du Sud selon l'ONU.
Outre le Venezuela, le rapport 2011 de la CIDH pointe du doigt des atteintes aux droits de l'homme à Cuba, au Honduras, en Colombie tandis qu'il souligne certaines "avancées importantes" en Uruguay, au Mexique, au Salvador ou au Guatemala.
du/sam/mdm
Publication: 9/04/2012 13:32 Mis à jour: 9/04/2012 16:39