Omar Souleimane, un ancien membre du "premier cercle" de Moubarak

Publication: 6/04/2012 12:40 Mis à jour: 6/04/2012 15:54

Chef des services secrets et chargé des dossiers sensibles sous Hosni Moubarak, Omar Souleimane, qui a annoncé vendredi sa candidature surprise à l'élection présidentielle égyptienne, apparaît comme un postulant intimement lié à l'ancien pouvoir.

Cet homme de l'ombre a affronté le 11 février 2011 sous les regards du monde entier ce qui a peut-être été sa plus difficile mission: annoncer le départ de son mentor, chassé du pouvoir sous la pression d'une révolte populaire.

"Compte tenu des conditions difficiles que traverse le pays, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d'abandonner le poste de président de la République et de charger le conseil suprême des forces armées de gérer les affaires du pays", déclare-t-il, le visage fermé, dans une brève allocution télévisée.

Ce septuagénaire à la calvitie prononcée et portant une fine moustache perd du même coup le poste de vice-président que M. Moubarak lui avait confié quelques jours plus tôt dans l'espoir de calmer la foule et de trouver une issue politique à la crise.

Ennemi farouche des Frères musulmans, il s'était résolu à ouvrir un dialogue sans précédent avec la puissante confrérie islamiste -qui domine aujourd'hui le Parlement- dans les derniers jours au pouvoir du raïs.

Des tirs contre un convoi dans lequel il se trouvait, le 28 janvier 2011, restent encore aujourd'hui un des épisodes les plus mystérieux du soulèvement égyptien.

Omar Souleimane faisait partie du "premier cercle", très étroit, de M. Moubarak, où figurait aussi le maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense et aujourd'hui chef du haut conseil militaire au pouvoir.

Contrairement à d'autres hiérarques de l'ère Moubarak, il n'est pas traduit en justice, et témoignera même à l'automne dernier -à huis-clos- au procès de son ancien patron.

L'éventualité d'un retour dans l'arène politique a fait plusieurs fois surface ces derniers mois sous forme de rumeurs, ou par le biais de furtifs collages d'affiches en sa faveur.

Né en 1934 dans une famille aisée de Qena, en Haute-Egypte, Omar Souleimane s'engage dans la voie militaire, avant de prendre le chemin des "services". Il devient en 1991 le chef des moukhabarat, le redoutable et tentaculaire bureau de renseignements intérieurs.

Les groupes islamistes radicaux de la Gamaa islamiya ou du Jihad, responsables de sanglants attentats en Egypte, furent parmi ses premières cibles dans les années 1990. La répression qui s'abattit sur eux fut sans pitié.

Fort notamment de bonnes relations avec les Américains, cet homme incontournable accumule les "missions spéciales".

Il est chargé de dossiers de politique étrangère dont celui du conflit israélo-palestinien, qu'il gère en première ligne, davantage que le chef de la diplomatie de l'époque, Ahmed Aboul Gheit.

Il a su opérer dans l'ombre, parlant avec Israël et son ennemi juré, le Hamas, pour en finir avec la meurtrière guerre de Gaza fin 2008.

Il détient le record du nombre de trêves israélo-palestiniennes, parfois à la vie courte, conclues depuis la deuxième intifada palestinienne en 2000.

bur-cr/iba/cnp

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