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Tensions inter-soudanaises: Mbeki à Juba pour rencontrer Salva Kiir

05/04/2012 06:18 EDT | Actualisé 05/06/2012 05:12 EDT

L'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur dans les pourparlers inter-soudanais, est arrivé jeudi à Juba pour rencontrer le président sud-soudanais Salva Kiir, au lendemain de l'ajournement sans accord de nouvelles discussions entre les deux voisins, selon un journaliste de l'AFP.

M. Mbeki a indiqué à la presse qu'il se rendrait également à Khartoum pour tenter de relancer l'idée d'un sommet entre M. Kiir et son homologue soudanais Omar el-Béchir, initialement prévu le 3 avril à Juba et annulé après les combats frontaliers des 26 et 27 mars.

"Nous sommes venus à Juba essentiellement pour voir son Excellence le président Salva Kiir pour obtenir son avis sur les prochaines mesures à prendre concernant les relations entre le Soudan du Sud et le Soudan", a déclaré M. Mbeki à son arrivée.

"Nous voulions discuter de cela avec le président Kiir, avant de nous rendre à Khartoum dans le cadre des préparatifs pour ce sommet" Kiir-Béchir, a-t-il ajouté, sans préciser s'il partirait jeudi ou vendredi pour la capitale soudanaise.

M. Mbeki était notamment accompagné de l'ex-président burundais Pierre Buyoya, également membre de la médiation menée au nom de l'Union africaine (UA).

Aucune date ni lieu n'ont pour l'heure été avancés pour un éventuel nouveau sommet, considéré comme une étape majeure dans la résolution des fortes tensions qui persistent entre les deux Soudan, depuis l'indépendance du Soudan du Sud en juillet.

Les 26 et 27 mars, les armées de Juba et Khartoum s'étaient livré des combats d'une ampleur sans précédent depuis la partition du Soudan, avec raids aériens, interventions de chars, artillerie lourde, chaque partie accusant l'autre d'avoir lancé l'offensive et de poursuivre depuis l'agression.

Khartoum et Juba se sont à nouveau mutuellement accusés mercredi d'avoir attaqué l'autre, alors que se tenaient à Addis Abeba des négociations de sécurité, ajournées sans accord formel.

Un document établissant des "mécanismes" permettant la pacification de la zone frontalière avait été soumis aux deux délégations. Celle du Soudan du Sud s'était dit prête à le signer, tandis que la soudanaise avait indiqué devoir soumettre le document à Khartoum avant de s'engager.

La délégation soudanaise avait par ailleurs estimé que le sommet Kiir-Béchir pourrait avoir lieu une fois ce document signé.

Juba avait accusé Khartoum d'avoir quitté les discussions.

Le porte-parole du gouvernement de l'Etat frontalier d'Unité, au Soudan du Sud, Gideon Gatfan, joint par téléphone depuis Juba, a affirmé jeudi à l'AFP que les bombardements de l'aviation soudanaise n'avaient pas cessé depuis le 26 mars.

Les tensions entre les deux voisins, qui se sont affrontés durant des décennies de sanglante guerre civile avant les accords de paix de 2005 ayant ouvert la voix à la partition du Soudan du Sud, suscitent l'inquiétude de la communauté internationale, qui craint une nouvelle guerre.

Les deux pays s'écharpent notamment sur les indemnités que le Sud doit verser à Khartoum pour faire passer le brut, issu des gisements dont il a hérité à l'indépendance, dans les oléoducs du nord, sans lesquels il ne peut être exporter.

Ils s'opposent aussi sur le tracé de leur frontière commune et s'accusent mutuellement d'alimenter une rébellion sur le sol de l'autre.

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