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Syrie: la Croix-Rouge va pouvoir visiter les prisons (CICR)

05/04/2012 07:19 EDT | Actualisé 05/06/2012 05:12 EDT

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pourra visiter des prisons en Syrie en vertu d'un accord conclu avec les autorités pour un accès plus large dans le pays, a annoncé jeudi l'organisation humanitaire dans un communiqué.

"Cela signifie que nous pourrons développer rapidement notre présence humaine et notre capacité logistique en Syrie", a déclaré le président du CICR, Jakob Kellenberger, qui s'est entretenu mercredi à Damas avec de hauts responsables syriens.

Des procédures ont été mises en place pour les visites dans les centres de détention et cet "accord sera mis en application avec une visite du CICR à des personnes détenues à la prison centrale d'Alep" (nord), a ajouté M. Kellenberger dans le communiqué, sans préciser de date.

"Cet accord est un signe de la confiance dans l'indépendance du CICR", a-t-il fait valoir. "Il va permettre au CICR et au Croissant-Rouge syrien de répondre aux besoins humanitaires croissants", a-t-il estimé.

"Nous demandons au CICR de visiter les sous-sols de la sécurité (centres de renseignement) où sont détenus les prisonniers politiques, tandis que ce sont les prisonniers de droit commun qui sont dans les prisons", a réagi Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon le chef de cette organisation, "entre 25.000 et 30.000 personnes sont actuellement détenues en Syrie et "plus de 100.000 personnes ont connu l'incarcération" depuis le début de la révolte contre le régime à la mi-mars 2011.

Lors de sa visite de deux jours à Damas, M. Kellenberger a convenu avec le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, d'un mécanisme permettant de mettre en place une trêve humanitaire de deux heures par jour réclamée par le CICR pour acheminer l'aide.

Le président du CICR a aussi évoqué avec le ministre de la Santé, Waël Nader al-Halaqui, la question de l'accès aux personnes blessées et malades et du respect dû au personnel médical.

La proposition de trêve hebdomadaire a été reprise par l'émissaire international Kofi Annan, pour tenter de mettre fin aux violences qui ont fait selon l'OSDH plus de 10.000 morts depuis mars 2011.

Le plan Annan prévoit, outre un "processus politique ouvert", la cessation des violences de toutes parts, l'acheminement de l'aide humanitaire, la libération des prisonniers arbitrairement détenus, le droit de manifester librement et le libre accès de la presse.

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