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Mali: levée des sanctions de la Cédéao "pour très bientôt" (médiation burkinabè)

05/04/2012 08:20 EDT | Actualisé 05/06/2012 05:12 EDT

La levée des sanctions de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) est "pour très bientôt", a déclaré jeudi l'émissaire du président burkinabè, médiateur dans la crise malienne, à la télévision publique.

"Nous travaillons ensemble pour créer les conditions de levée de ces sanctions, et je pense que ce sera pour très bientôt", a affirmé le ministre burkinabè des Affaires étrangères Djibrill Bassolé à la télévision ORTM, à l'issue d'un entretien dans la nuit de mercredi à jeudi avec le capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte militaire, à Kati (près de Bamako). Sa déclaration a été diffusée jeudi après-midi, il n'a pas précisé de calendrier.

"Nous allons tout mettre en oeuvre pour que ces sanctions soient non seulement suspendues, mais complètement levées et abandonnées. Nous en sommes sur le chemin. Je peux vous assurer que le capitaine (Sanogo) est dans de bonnes prédispositions, il aura bientôt à faire des annonces qui vont dans la bonne direction, je préfère lui laisser la primauté de le dire", a ajouté M. Bassolé, émissaire du président burkinabè Blaise Compaoré.

M. Bassolé était accompagné du ministre ivoirien de l'Intégration africaine, Adama Bictogo, et s'exprimait en présence du capitaine Sanogo et d'autres membres de la junte.

Aucun responsable de la junte sollicité par l'AFP n'a souhaité faire de commentaire. L'ORTM a précisé à l'AFP que les militaires maliens n'ont pas fait de déclaration publique.

Le Burkinabè Djibrill Bassolé et l'Ivoirien Adama Bictogo ont été rejoints jeudi à Bamako par le ministre nigérian des Affaires étrangères, Nurudeen Muhammad, et tous trois devaient de nouveau discuter avec la junte, a indiqué à l'AFP l'entourage du capitaine Sanogo.

"Nous sommes venus voir le capitaine Sanogo et ses officiers pour discuter des modalités de mise en oeuvre concrète" du retour à l'ordre constitutionnel réclamé par la Cédéao, a encore expliqué M. Bassolé à l'ORTM.

"Les discussions se sont très bien passées. (...) Et je pense que le capitaine et le Comité (junte militaire) sont dans d'excellentes prédispositions pour faciliter la mise en oeuvre du retour à la normalité afin de renouer avec la communauté internationale et la Cédéao", a-t-il dit.

"Cette coopération avec la Cédéao et la communauté internationale est indispensable aujourd'hui pour le Mali. Qu'il s'agisse de faire la paix au Nord, qu'il s'agisse de gérer cette crise au Nord, qu'il s'agisse de faire la guerre, le Mali a besoin d'une grande coopération avec ses voisins et la communauté internationale", a poursuivi M. Bassolé.

"Seul le retour à la normalité peut rétablir cette coopération dont nous avons tant besoin. Et le capitaine (...) va se concerter avec ses camarades pour prendre les décisions de sagesse qui permettront de soulager les Maliens de leurs angoisses et leur permettre de faire face à l'avenir avec beaucoup plus de sérénité", a encore affirmé le ministre burkinabè.

Aucune indication n'était disponible sur le programme des émissaires ouest-africains.

Lors d'un sommet le 2 avril à Dakar, la Cédéao avait décidé un embargo total, avec effet immédiat, contre le Mali en vue d'obtenir le retour à l'ordre constitutionnel après le putsch du 22 mars contre le président Amadou Toumani Touré.

Elle a également annoncé "la mise en place immédiate de la force d'attente de la Cédéao", dont les modalités d'activation étaient examinées par ses chefs d'état-major réunis jeudi à Abidjan.

Le Mali est de fait coupé en deux depuis que des rebelles touareg et islamistes armés ont pris le contrôle, entre le 30 mars et le 1er avril, de trois régions administratives formant le Nord et représentant près de la moitié de son territoire.

cs/mrb/sd

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