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Mali: les combattants touareg et islamistes évalués à "un petit millier" (Juppé)

05/04/2012 07:56 EDT | Actualisé 05/06/2012 05:12 EDT

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a évalué jeudi à "un petit millier" le nombre de combattants touareg et islamistes qui combattent dans le nord du Mali.

"Nous avons évalué le nombre de combattants, touareg et Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique) compris, à un petit millier. Il faut donc considérer le rapport de force; il est vrai que ce sont des combattants aguerris", a-t-il affirmé dans une interview à Radio France internationale (RFI) et France 24, qui doit être diffusée vendredi.

Le ministre a précisé que la force de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), susceptible d'intervenir dans ce conflit, était composée "de deux bataillons d'à peu près 3.000 hommes" au total.

Les chefs d'état-major de la Cédéao sont réunis ce jeudi à Abidjan pour étudier l'éventuel déploiement de cette force militaire régionale déjà en alerte afin de faire face à la crise au Mali.

Alain Juppé a réitéré, comme il l'avait affirmé dans la matinée devant la presse anglo-américaine, que la France était prête à assurer la logistique de cette force.

Le ministre qualifie la situation au Mali de "très préoccupante, même dramatique".

Un coup d'Etat militaire a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré (ATT) et profitant du putsch à Bamako, des rebelles touareg et des islamistes, parmi lesquels des éléments d'Aqmi, ont pris en fin de semaine dernière le contrôle des trois principales villes du Nord, Kidal, Gao et Tombouctou, sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée et désorganisée.

Réaffirmant que la lutte contre le terrorisme au Sahel "est d'abord la responsabilité des pays de la région", Alain Juppé juge que "certains se battent bien: la Mauritanie que nous aidons en formant ses cadres militaires, le Niger".

"Force est de constater que le Mali n'a pas fait ça. Nous avons envoyé des messages répétés au président ATT, j'y suis allé pour lui dire de faire attention et de se battre contre Aqmi mais ceci n'a pas fonctionné", souligne-t-il.

"Aujourd'hui, il faut mobiliser l'ensemble des pays de la région, l'Algérie a un rôle majeur à jouer, la Mauritanie, le Niger, les autorités de Bamako quand elles seront opérationnelles pour lutter contre ce fléau qui menace toute la zone, jusqu'au Nigéria", dit-il. Paris s'est prononcé pour le rétablissement de l'ordre constitutionnel au Mali.

cr/far/jms

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