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Le Zimbabwe nationalise 51% du capital des mines étrangères hors la loi

05/04/2012 03:24 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Le Zimbabwe a annoncé jeudi la nationalisation d'office de 51% du capital des mines étrangères en infraction avec la loi sur "l'indigénisation" les obligeant à passer sous contrôle d'intérêts locaux noirs, sans préciser ni le nombre ni le nom des entreprises concernées.

"Toutes les compagnies minières qui n'ont pas rempli leurs obligations légales doivent prendre note que 51% de leur capital est réputé propriété de l'Etat", a indiqué dans un communiqué le ministre de l'Indigénisation Saviour Kasukuwere.

"Toute activité réalisée dans le cadre de ces 51% est réputée avoir été réalisée pour le compte du gouvernement du Zimbabwe à compter de la date butoir stipulée du 25 septembre 2011", a ajouté le ministre.

Certaines des plus importantes compagnies minières étrangères, notamment Zimplats (filiale du holding sud-africain Impala) et Unki (filiale du géant anglo-sud-africain Anglo American) qui exploitent des gisements de platine, ne sont pas concernées, ayant déjà conclu des accords avec les autorités prévoyant de céder le contrôle à des intérêts locaux et à leur personnel.

Pour toute entreprise opérant sans impliquer le gouvernement depuis le 25 septembre, tous les bénéfices dérivant de 51% de l'activité "seront considérés propriété d'Etat et toute perte sera imputée sur les actifs de l'entreprise, déduction faite de la part indigénisée", a poursuivi le ministre.

Les entreprises tentées ou tentant de frauder s'exposent à des poursuites, a-t-il précisé.

Décidée en 2010, douze ans après l'expropriation controversée des fermiers blancs, la loi sur "l'indigénisation" est présentée comme un acte de décolonisation économique par le camp du vieux président Robert Mugabe, 88 ans.

Elle vise à renforcer le contrôle des Zimbabwéens noirs sur l'économie.

Les entreprises étrangères implantées au Zimbabwe avaient jusqu'au 25 septembre pour présenter au gouvernement un plan de cession.

Nombre d'analystes bancaires voient dans cette loi une manoeuvre politique pour gagner des voix alors que M. Mugabe, au pouvoir depuis 1980, entend briguer encore un nouveau mandat lors des élections prévues cette année ou au plus tard début 2013.

Le camp du Premier ministre Morgan Tsvangirai y est pour sa part hostile, estimant que cela risque de faire fuir les investisseurs dont le pays a besoin pour reconstruire son économie, mise à mal par une crise économique de presque dix ans, doublée d'une grave crise politique.

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