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Le Zimbabwe menace de nationaliser 51% du capital des mines étrangères hors la loi

05/04/2012 09:28 EDT | Actualisé 05/06/2012 05:12 EDT

Le ministre zimbabwéen de l'Indigénisation a annoncé jeudi la nationalisation immédiate de 51% du capital des mines étrangères en infraction avec la loi, avant de revenir partiellement sur ses propos en indiquant qu'il s'agissait seulement d'"exhorter" ces sociétés à se conformer à la législation.

"Toutes les compagnies minières qui n'ont pas rempli leurs obligations légales doivent prendre note que 51% de leur capital est réputé propriété de l'Etat", avait indiqué le ministre Saviour Kasukuwer dans un communiqué publié dans la matinée.

"Toute activité réalisée dans le cadre de ces 51% est réputée avoir été réalisée pour le compte du gouvernement du Zimbabwe à compter de la date butoir stipulée du 25 septembre 2011", ajoutait ce communiqué.

Interrogé dans l'après-midi par téléphone par l'AFP, M. Kasukuwer a semblé minimiser la portée de la décision: "Cette annonce est simplement pour exhorter les sociétés qui ne se sont pas conformées à la loi où qui retardent leurs plans" de cession des actifs.

"Nous attendons de chacun qu'il respecte la loi. Nous demandons aux sociétés qui ne s'y sont pas conformées de prendre contact avec nous", a-t-il ajouté, sans toutefois dire explicitement si les mesures de nationalisations étaient déjà appliquées ou non.

Certaines des plus importantes compagnies minières étrangères, notamment Zimplats (filiale du holding sud-africain Impala) et Unki (filiale du géant britannique Anglo American) qui exploitent des gisements de platine, ne sont de toute façon pas concernées, ayant déjà conclu des accords avec les autorités prévoyant de céder le contrôle à des intérêts locaux et à leur personnel.

Pour toute entreprise opérant sans impliquer le gouvernement depuis le 25 septembre, tous les bénéfices dérivant de 51% de l'activité "seront considérés propriété d'Etat et toute perte sera imputée sur les actifs de l'entreprise, déduction faite de la part indigénisée", a poursuivi le ministre.

Les entreprises tentées ou tentant de frauder s'exposent à des poursuites, a-t-il précisé.

Décidée en 2010, douze ans après l'expropriation controversée des fermiers blancs, la loi sur "l'indigénisation" est présentée comme un acte de décolonisation économique par le camp du vieux président Robert Mugabe, 88 ans.

Elle vise à renforcer le contrôle des Zimbabwéens noirs sur l'économie.

Les entreprises étrangères implantées au Zimbabwe avaient jusqu'au 25 septembre pour présenter au gouvernement un plan de cession.

De nombreux analystes bancaires voient dans cette loi une manoeuvre politique pour gagner des voix alors que M. Mugabe, au pouvoir depuis 1980, entend briguer encore un nouveau mandat lors d'élections prévues cette année ou au plus tard début 2013.

Le camp du Premier ministre Morgan Tsvangirai y est pour sa part hostile, estimant que cela risque de faire fuir les investisseurs dont le pays a besoin pour reconstruire son économie, mise à mal par une crise économique de presque dix ans, doublée d'une grave crise politique.

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